Etats-Unis

Etats-Unis: les délégués anti-Trump se révoltent à la convention républicaine

Les délégués anti-Trump ont hurlé et sifflé, mais leur protestation lors de la convention républicaine a vite tourné court, lundi 18 juillet 2016.
Les délégués anti-Trump ont hurlé et sifflé, mais leur protestation lors de la convention républicaine a vite tourné court, lundi 18 juillet 2016. REUTERS/Mark Kauzlarich

L’ouverture de la convention républicaine à Cleveland a été bruyamment perturbée ce lundi 18 juillet par les délégués opposés à Donald Trump. Prenant le prétexte d’un vote de procédure, ils ont exprimé leur profond rejet du milliardaire candidat à la Maison Blanche. Un rejet qui s’exprime aussi dans la rue.

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Les délégués républicains s’apprêtaient à adopter le règlement de la convention lorsqu’une partie d’entre eux, opposés à Donald Trump, ont manifesté leur mécontentement. Réclamant un scrutin alors que la motion s’apprêtait à passer sans vote, les insurgés ont hurlé et sifflé contre les autres responsables républicains. « Un vote ! » a hurlé une déléguée de Virginie, debout sur une chaise avec d’autres délégués rebelles qui voulaient un scrutin pour mettre un chiffre sur la désunion du parti.

Mais le président de la séance a laissé tomber son marteau, faisant adopter la mention au mépris des contestataires. Pro et anti-Trump ont chacun donné de la voix, les premiers couvrant largement les décibels des seconds. C’est ainsi que les opposants au milliardaire ont vu leur mouvement prendre fin.

Manifestations contre les politiques prônées par Donald Trump

A Cleveland, les anti-Trump se sont aussi fait entendre dans la rue. Avant même le début de la convention, des rassemblements dénonçant les politiques préconisées par le candidat à la Maison Blanche étaient déjà organisés dans le centre-ville. CAIR, une organisation musulmane et de lutte pour les droits civiques, a ainsi rassemblé une petite centaine de personne pour dénoncer les politiques à l'encontre de leur communauté.

Ahmed, imam dans une mosquée d'Akron, une ville de le l'Ohio proche de Cleveland, était parmi ces manifestants. « Pour être totalement honnête, lorsque je l'ai entendu pour la première fois, j'ai cru qu'il blaguait. C'était du n'importe quoi. C'était trop choquant pour être vrai. Ce qui m'a rendu triste, c'est qu'il a bénéficié de soutiens. Mes compatriotes soutiennent ce genre d'idée. Des idées empoisonnées qui ne font que créer de l'intolérance, de la haine, de la division. Des sentiments qui ne peuvent exister dans une société pluraliste », a-t-il affirmé au micro de l’envoyé spécial de RFI à Cleveland, Romain Lemaresquier.

« Ce que fait Donald Trump, c’est créer de la haine »

Donald Trump veut fermer les frontières aux musulmans, mais pas seulement. Les migrants sud-américains sont également pointés du doigt. Pour les empêcher d'entrer aux Etats-Unis, le futur candidat républicain souhaite ériger un mur à la frontière avec le Mexique. « S'il va à la télévision et qu'il dit : "Vous savez quoi, le problème, ce sont les immigrés et les musulmans", les personnes qui le suivent vont sortir de chez eux et attaquer les immigrants, ils vont attaquer les musulmans. Tout ce que fait Donald Trump, c'est créer de la haine », regrette Gererado, membre de l'association Les Voix des migrants.

Les anti-Trump devraient manifester tout au long de cette convention et espèrent que la présence de nombreux médias permettra de faire passer leur message.


 ■ Le Clinton bashing, un thème consensuel

Chez les républicains, si question de l'investiture de Trump divise, un thème a mis tout le monde d'accord : il faut empêcher Hillary Clinton de gagner l'élection de novembre.

De l'humour à l'émotion, tous les registres ont été utilisés, sur le dossier Benghazi notamment. Pat Smith, mère d'un marine mort lors de l'attaque en Libye, était en larmes sur la scène de la convention : « Nous avons perdu quatre Américains courageux qui ont fait l'ultime sacrifice pour le pays qu'ils avaient juré de servir... et le peuple américain n'a pas su la vérité. Et de tout cela, Hillary Clinton est à mon sens responsable. »

Les témoins se sont succédé, des survivants de l'attaque de Benghazi ont été ovationnés, Hillary Clinton a été huée. Les délégués républicains ont trouvé là un sujet de consensus.

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