Colombie

Colombie: le «non» d’Uribe au plébiscite sur l'accord de paix avec les FARC

L'ancien président Alvaro Uribe (2002-2010) lors d'un rassemblement à Cali le 22 juin pour une autre paix avec la guérilla des FARC : «Por la paz que queremos».
L'ancien président Alvaro Uribe (2002-2010) lors d'un rassemblement à Cali le 22 juin pour une autre paix avec la guérilla des FARC : «Por la paz que queremos». LUIS ROBAYO / AFP

En Colombie, la paix avec les FARC continue de faire débat. Mercredi 3 août, l'ancien président colombien Alvaro Uribe a appelé à voter «non» au plébiscite qui aura lieu une fois l'accord de paix signé avec les FARC. Le président en exercice Juan Manuel Santos s'est en effet engagé à soumettre aux électeurs le texte qui, depuis trois ans, se négocie à La Havane. La date de la signature de l'accord de paix reste à définir, celle du scrutin aussi. Mais la campagne a démarré.  

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Oui à la paix, non aux accords de La Havane : c'est en substance le discours d'Alvaro Uribe. L'ex-président devenu sénateur accuse le gouvernement d'avoir trop cédé aux FARC. Il juge inadmissible que les chefs guérilleros puissent échapper à la prison, ou pire encore qu'ils puissent être élu au Congrès. « L'impunité ne fait pas taire la haine, elle fait naître de nouvelles violences », a-t-il lancé, rapporte notre correspondante à Bogota, Marie-Eve Detœuf.

Alvaro Uribe exige donc une « paix sans impunité » et la renégociation des accords de La Havane. Le gouvernement et les partisans du « oui » jugent la proposition parfaitement irréaliste. L'accord qui doit être signé dans les prochains jours n'est peut être pas parfait , disent-ils, mais il va mettre un terme à 50 ans de conflit armé. Et de rappeler que les FARC aussi ont fait beaucoup de concessions. C'est le principe des négociations.

L'ancien président, qui a mené pendant les huit années de sa présidence (il a été élu en 2002 avec le soutien des paramilitaires de l'AUC) un combat sans merci contre les FARC, n'a pas gagné cette guerre. Il semble aujourd'hui l'oublier. Mais Alvaro Uribe reste médiatique alors que les FARC sont détestées. Le plébiscite sur les accords de paix de La Havane, qui devront être approuvés par au moins 13% des électeurs pour entrer en vigueur a déclaré le 18 juillet la Cour constitutionnelle, s'annonce serré.

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