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Pérou

Les Péruviens dans la rue pour dire «stop» aux violences faites aux femmes

Lima, le 13 août 2016.
Lima, le 13 août 2016. CRIS BOURONCLE / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Des dizaines de milliers de Péruviennes et Péruviens se sont mobilisés samedi 13 août 2016 pour dénoncer les violences subies par les femmes, et notamment les féminicides. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce pays d'Amérique du Sud est le troisième au monde, derrière l'Ethiopie et le Bangladesh, où les femmes de 15 à 49 ans sont le plus souvent victimes de violences sexuelles de la part de leurs compagnons.

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Avec notre correspondant dans la région,  Eric Samson

Samedi, des manifestations ont eu lieu dans tout le Pérou. Les réseaux sociaux se sont mobilisés sous le hashtag #NiUnaMenos. A Lima, la capitale, les participantes et participants sont partis du champ de Mars (el campo de Marte), rebaptisé « champ de Vénus » pour l'occasion.

Ils étaient accompagnés par de nombreuses personnalités publiques, des actrices, la 2e vice-présidente Mercedes Aráoz, qui n'ont pas hésité à rendre publiques les violences dont elles ont été victimes. Mais aussi le nouveau président Pedro Pablo Kuczynski, qui a salué la foule avec une pancarte « Ni una menos » à la main.

Le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski aux couleurs du mouvement «Ni una menos», le 13 août 2016 dans les rues de Lima.
Le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski aux couleurs du mouvement «Ni una menos», le 13 août 2016 dans les rues de Lima. ANDINA / AFP

Aux cris de « Touchez à l'une et vous touchez à toutes », les Péruviennes et Péruviens ont terminé devant le palais de justice de Lima. Beaucoup de femmes se sentent en effet doublement victimes, de leur agresseur d'abord, puis d'une justice trop tolérante à leurs yeux à l'égard de leur bourreau, comme l'ont illustré deux affaires récentes.

A l'origine de la mobilisation, ce sont ces deux cas qui ont mis le feu aux poudres. Celui de la danseuse Lady Guillen, défigurée par son ami, certes condamné par la suite mais sans peine de prison ferme. Et puis celui d'Arlette Contreras, battue et violemment tirée par les cheveux sur le sol. L'accusé avait été libéré, les magistrats estimant qu'il ne cherchait qu'à discuter avec sa fiancée.

Pedro Pablo Kuczynski a tweeté : « Sans respect, aucune société ne fonctionne ». « Le problème avec la violence de genre, c'est que le silence absorbe les coups et qu'il n'est pas facile de dénoncer », a également fait remarquer le président PKK sur les réseaux sociaux. Il a promis d'appliquer un plan national contre la violence de genre, approuvé en juillet dernier.

Reste à transformer une société encore profondément machiste où, selon deux sondages diffusés samedi, 54 % de la population croit encore qu'une femme en mini-jupe est responsable si elle est agressée. En 2015, 95 cas de féminicide ont été enregistrés au Pérou. Cette année, 54. Sans oublier 118 tentatives, selon le Défenseur du peuple.

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