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Colombie

Référendum pour la paix en Colombie: le «oui» n'est pas encore acquis

Le président colombien Juan Manuel Santos s'exprimant sur l'accord historique avec les FARC, le 25 août 2016 à Bogota.
Le président colombien Juan Manuel Santos s'exprimant sur l'accord historique avec les FARC, le 25 août 2016 à Bogota. REUTERS/John Vizcaino
Texte par : RFI Suivre
5 mn

C'est un accord de paix historique que le gouvernement colombien vient de signer avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Après un conflit vieux de 52 ans, au terme de 4 années d'âpres négociations, les deux parties négociatrices se sont entendues sur « un accord final, intégral et définitif » qui doit être soumis à référendum le 2 octobre prochain avant d'entrer en vigueur.

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Avec notre correspondante à BogotaMarie Eve Detoeuf

Les artistes, les musiciens colombiens se mobilisent pour la paix. Mais la victoire du oui au plébiscite n’est pas acquise. « Les partisans du non comptent avec un léger avantage : c’est qu’ils ont défini depuis très longtemps leur message que l’ex-président Alvaro Uribe n’a eu de cesse de répéter et qui a eu le temps de pénétrer l’opinion publique, à savoir que ces accords de paix sont synonymes d’impunité, puisque les commandants des FARC n’auront pas nécessairement l’obligation de purger des peines de prison ferme », explique Eugénie Richard, professeur de marketing politique à Bogota.

A (RE)LIRE : La signature de l'accord de paix historique à La Havane

Les partisans du oui, qui préfèrent voir les guérilleros faire de la politique que faire la guerre, tentent de se mobiliser. Leur terrain ? Les réseaux sociaux. L’analyste Hector Rivero a ainsi lancé un mouvement intitulé « A fond pour la paix ». « C’est un mouvement citoyen créé parce que nous trouvons que le oui est pour le moment accaparé par le gouvernement et par les partis qui soutiennent le gouvernement. Or ces discours officiels n’atteignent pas tous les publics. Tout le monde doit parler avec son voisin, ses parents, ses collègues de bureau ou de fac et la victoire sera plus facile », explique-t-il.

Le gouvernement doit tout à la fois faire campagne pour le oui et éviter que la campagne ne se politise. Le plébiscite pour la paix ne doit pas devenir un plébiscite contre le président Juan Manuel Santos.

Encore des défis à relever

Ce dernier s'est, par ailleurs, adressé à son peuple ainsi : « Colombiens, la décision est entre vos mains ». Si l'accord a été accueilli par des manifestations de joie, de nombreux Colombiens restent sceptiques, car de nombreux défis restent à relever, dont celui de restaurer la confiance. Pour Ingrid Bétancourt, qui fut pendant six ans l'otage de la guérilla, le résultat du référendum et l'avenir de l'accord de paix est entre les mains des indécis.

« Quand je regarde les sondages en Colombie, dit-elle, je vois qu’un tiers des Colombiens va voter oui, un tiers va voter non, et un tiers ne sait pas encore. Et je crois qu’il faut parler à ce tiers qui ne sait pas encore. Je pense que c’est le moment de leur dire qu'aller voter pour quelque chose d’abstrait, c’est de voter pour qui ils ont envie d’être, eux, individuellement. Est-ce qu’ils veulent être des Colombiens qui peuvent avoir et entrer en relation avec d’autres dans la confiance ? Ou est-ce que nous allons continuer à vivre dans la violence et dans la peur, et dans la non-confiance, dans le fait que nous ne pouvons pas voir l’autre comme quelqu’un qui soit notre partenaire, avec qui nous puissions développer des relations saines ? Je crois que c’est avant tout une question très intime à laquelle nous devrons répondre avec cette votation qui va se faire », a-t-elle encore indiqué.

 

La crainte que nous avons et notre principale préoccupation, c'est l'impunité qui accompagne cet accord. Dans ces conditions, cet accord va générer plus de violence.

Ernesto Macias, sénateur colombien proche d'Alvaro Uribe

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