Revue de presse des Amériques

A la Une: la fin de treize ans de gouvernement de gauche au Brésil

Au Brésil, Dilma Rousseff a été destituée de la fonction de présidente le 31 août 2016. (photo d'archive)
Au Brésil, Dilma Rousseff a été destituée de la fonction de présidente le 31 août 2016. (photo d'archive) REUTERS/Ueslei Marcelino

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« Et maintenant Temer », titre O Globo avec une photo des sénateurs « triomphants » entourant Michel Temer, tout sourire lors de sa prise de fonction officielle. Le journal rappelle que le président aura 2 ans et quatre mois pour respecter ses engagements. « Sur son agenda gouvernemental, il y a l’urgence d’un ajustement fiscal, la réforme du système social, la baisse du chômage et la recherche d’investissements. Temer devra également affronter les parlementaires du Congrès, les manifestants dans la rue et l’opposition politique que Dilma a promise ».

Dans son éditorial, le journal Folha de Sao Paulo raconte « le jour d’après ». « C’est la troisième fois que le PMDB (le parti de Michel Temer) arrive au pouvoir sans passer par les urnes », rappelle le journal. Avec une incertitude : le futur de l’enquête « Lava Jato » (sur un vaste système de corruption). L’éditorialiste rappelle une célèbre conversation rendue publique entre deux élus PMDB qui parlaient de la chute de la présidente comme d’un moyen de freiner l’enquête.

Pour l’éditorialiste de Estadao, la chute de Dilma Rousseff va enfin permettre de « comprendre comment durant 13 ans nous avons pu nous faire avoir par un politique (l’ancien président Lula) qui ne se préoccupait que de lui, par un démagogue qui a exploité la pauvreté nationale pour se positionner au-dessus des institutions républicaines ».

Mais pour O Globo, « si encore une fois le gouvernement change, le Brésil reste le même » : « Le déficit, les dépenses publiques hors de contrôle, la mauvaise gestion, le clientélisme, la corruption, les inégalités et illégalités, tout ça ne partira pas avec la présidente, parce que son gouvernement n’en a pas l’exclusivité ».

Aux États-Unis, la visite de Donald Trump hier au Mexique fait à la Une de tous les journaux

Les quotidiens notent que le ton a été mesuré lors de la conférence de presse commune que le président mexicain Enrique Pena Nieto a donnée avec son invité : « Aucun des deux hommes n’a alimenté le concours de hurlements que la campagne de Trump avait lancé il y a un an », rapporte le Washington Post. À la grande déception de beaucoup de Mexicains, qui « espéraient que leur président demanderait des excuses ou en tous cas rejetterait avec force le plan de Donald Trump de construire un mur à la frontière (et de le faire payer par le Mexique) ».

Au lieu de cela explique le journal, « Pena Nieto a joué le rôle du professeur-en-chef, déroulant des statistiques économiques sur les bénéfices mutuels de la relation États-Unis / Mexique, alors qu’un Trump réservé, presque sombre, annonçait qu’il s’était fait un "nouvel ami" ».

En fait le président mexicain « n’avait pas le choix », estime dans les colonnes du New York Times Raphael Fernandez de Castro, professeur à l’Université de Syracuse : « Une bonne relation avec les États-Unis est essentielle pour le bien-être du Mexique. » Il n’empêche : les Mexicains accusent leur président d’avoir commis une « erreur historique » en invitant Trump. Le magazine mexicain Nexos parle de « la plus grande humiliation subie par un président mexicain sur son territoire depuis cinquante ans ».

Et Trump ? Il est immédiatement reparti aux États-Unis pour un meeting à Phoenix, où il a donné un grand discours sur l’immigration… Avec le grand retour des hurlements rapportés par le Washington Post : « Quiconque entrera aux États-Unis illégalement sera déporté », a affirmé Trump. Bref, note le journal, « Trump joue les durs en Arizona, pas au Mexique. »

La Caroline du Nord ne pourra pas utiliser sa loi très stricte sur le droit de vote lors de la présidentielle

C’est la Cour suprême américaine qui a pris hier cette décision. Selon le jugement d’une autre cour, cette loi qui selon le jugement avait été adoptée par l’Etat de Caroline du Nord « avec une précision presque chirurgicale » pour réduire l’importance du vote afro-américain. Sachant que le gouverneur de Caroline du Nord est républicain, et que les Noirs votent en grande majorité démocrate…

Cette loi permet par exemple d’utiliser pour s’identifier lors du vote les photos figurant sur les permis de conduire et les passeports, rapporte le Washington Post des documents possédés dans une écrasante majorité par des Blancs. Par contre elle interdit l’utilisation de celles figurant sur les documents fournis par les universités ou les programmes d’aide de l’État, que les Noirs sont davantage susceptibles de posséder.

Une loi qui viole la Constitution, selon des associations de défense des droits civiques et l’administration Obama, qui l’avaient attaquée en justice.

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