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Colombie

La Colombie et les FARC ont signé l'accord de paix historique

Le président colombien Juan Manuel Santos (C), le stylo-balle à la main, et le chef des FARC (D) lors de la signature de l'accord de paix, le 26 septembre 2016 à Carthagène.
Le président colombien Juan Manuel Santos (C), le stylo-balle à la main, et le chef des FARC (D) lors de la signature de l'accord de paix, le 26 septembre 2016 à Carthagène. REUTERS/John Vizcaino
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Ce lundi 26 septembre rentrera sans nul doute dans les livres d’histoire. Le gouvernement colombien a signé à Carthagène, dans le nord du pays, un accord de paix avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui doit mettre fin à plus d’un demi-siècle de conflit armé sanglant.

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Avec AFP et notre envoyée spéciale à Carthagène,  Véronique Gaymard

Chants pour la paix des communautés afro-colombiennes, hymne national et enfin les discours des artisans de cet accord tant attendu. C’est vêtus de blancs, comme le veut la tradition colombienne, et comme les 2 500 invités, dont 250 victimes du conflit, que le président colombien Juan Manuel Santos et le commandant des FARC, Rodrigo Londoño Echeverri, ont signé la paix lors d’une cérémonie émouvante à Carthagène des Indes, sur la côte caraïbe.

Symboliquement, le président colombien a signé l’accord de paix de 297 pages avec un « boligrafo », un stylo fabriqué à partir d'une balle du conflit qui aura fait plus de 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de déplacés en 52 ans. Il a ensuite offert au chef des FARC une broche représentant une colombe tenant dans son bec un ruban aux couleurs du drapeau colombien. Les deux hommes ont ensuite échangé leur première poignée de main sur le sol de leur pays.

Timochenko demande « pardon »

L'accord prévoit la démobilisation des FARC et la transformation du groupe armé en parti politique. Rodrigo Londoño, plus connu sous le nom de « Timochenko », son nom de guerre au sein de la guérilla marxiste, s’est exprimé en premier. Il a salué « une nouvelle ère de réconciliation et de construction de la paix » avant, pour la première fois, de demander « pardon » à « toutes les victimes du conflit ». Tous les participants se sont alors levés en agitant leurs foulards blancs. 

Il faut reconnaître que nous tous, ici, avons des morts à pleurer : des fils, des filles, des sœurs, des frères, des pères, des mères, des amis...

Timochenko

« La guerre est terminée. Nous commençons à construire la paix. L’amour de Mauricio Babilonia pour la Mémé pourra maintenant être éternel... », était en train de lancer Timochenko, citant Gabriel Garcia Marquez, lorsqu'un avion de combat a alors surgi au-dessus de sa tête, rasant le centre de conventions en pleine cérémonie, dans un bruit strident qui a glacé le sang des participants. Rodrigo Londoño a ensuite lancé : « Bon, cette fois, ils venaient saluer la paix et pas larguer des bombes ! »

« Bienvenue dans la démocratie »

« Monsieur Rodrigo Londoño Echeverri, en effet, ces avions étaient un salut à la paix ! », a finalement répondu le président Juan Manuel Santos pour lancer son discours, rendant hommage aux victimes, et saluant les 15 chefs d’Etat latino-américains présents pour l'évènement, dont le Cubain Raul Castro - c’est à La Havane que les négociations avaient abouti à cet accord de paix le 24 août dernier.

« Plus jamais la guerre ! Plus jamais la guerre ! » a-t-il martelé. Une phrase reprise en chœur par l'assistance. Puis le président de la République a souhaité aux ex-combattants, dont le mouvement va se transformer en formation politique, « bienvenue dans la démocratie ! » Avant de déclarer : « Je préfère un accord imparfait qui sauve des vies à une guerre parfaite. »

Cet accord (...) est bien plus qu'un accord entre un gouvernement et une guérilla afin de mettre un terme à un conflit armé, c'est une déclaration au monde entier.

Juan Manuel Santos

La cérémonie était retransmise sur toutes les chaînes de télévision en Colombie. Dorénavant, c’est un nouveau compte à rebours qui commence : celui du référendum, pour lequel la population est amenée à s’exprimer, comme stipulé dans les accords, signés une première fois le 24 août, une seconde fois lundi.

→ Réécouter sur RFI : Colombie, la paix à construire

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