Etats-Unis

Après le débat Trump-Clinton, la crise au sein du parti républicain

De l'avis des observateurs, Donald Trump s'est privé de la possibilité de gagner de nouveaux électeurs lors du débat dimanche 9 octobre 2016.
De l'avis des observateurs, Donald Trump s'est privé de la possibilité de gagner de nouveaux électeurs lors du débat dimanche 9 octobre 2016. REUTERS/Shannon Stapleton
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Après le débat de ce dimanche soir à St. Louis, chaque candidat se proclame victorieux. Dans le camp Trump on estime avoir « épinglé » Hillary Clinton ; dans le camp démocrate, on continue de répéter que le milliardaire a une fois encore montré sa réelle personnalité.

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Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

Il est des points sur lesquels tous les commentateurs sont d’accord. Le ton du débat d’abord. De l’avis de tous, il a été très agressif, atteignant un niveau d’insultes sans précédent dans un débat présidentiel.

La prestation de Donald Trump ensuite. Si le candidat républicain a peut-être réussi à acculer Hillary Clinton sur certains points, comme l’affaire des emails sur laquelle la démocrate est toujours mal à l’aise, il n’a certainement pas gagné d’électeurs dimanche soir. Donald Trump a parlé pour sa base, celle qui apprécie ses attaques et n’est pas perturbée par ses inexactitudes ou ses revirements. Le milliardaire s’est surtout adressé à ceux qui voteront pour lui, quoi qu’il arrive.

Sauve-qui-peut dans le camp républicain

Ce qui fait débat aussi aujourd’hui, c’est la crise au sein du parti républicain. Près de 50 élus ont publiquement annoncé qu’ils ne soutiennent plus leur candidat. C’est également le cas de plusieurs figures du parti, comme Mitt Romney, Arnold Schwarzenegger ou Condoleeza Rice.

Alors qu’une réunion de crise s’est tenue ce lundi au Capitole avec les leaders républicains, certains estiment qu’en confortant sa base hier soir, Donald Trump s’est privé de la possibilité de gagner cette élection. Et cela risque de nuire aussi aux élus conservateurs dont le poste est en jeu, à savoir tous les représentants et un tiers du Sénat. Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a annoncé qu’il ne « défendrait pas ou ne ferait pas campagne » pour Donald Trump, sans pour autant lui retirer son soutien.

La consigne du président de la Chambre aux élus républicains est simple : « Faites campagne au mieux de vos intérêts ». C’est donc désormais chacun pour soi dans le camp de Donald Trump. Il n’est pas certain que ce soit une recette pour gagner, et c’est ce qui inquiète le sérail. Les candidats républicains à la Chambre et au Sénat ne se préoccupent plus que de la fragilité de leur situation. Lâcher Trump, c’est sans doute se priver de ses supporters acharnés ; le soutenir, c’est faire une croix sur une autre partie de l’électorat, en particulier les femmes, qui décidément ont déserté le candidat.

L’heure de vérité sera le 8 novembre. Les électeurs de Trump ont surpris tout le monde depuis un an ; le candidat mise sur une nouvelle surprise le mois prochain. La presse américaine croit savoir que des sondages réalisés pour le parti républicain, et non diffusés, donnent non seulement Donald Trump perdant, mais prédisent la reconquête du Congrès par les démocrates.

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