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A la Une: prix Nobel de littérature pour Bob Dylan

le chanteur américain, Bob Dylan le Prix Nobel de littérature
le chanteur américain, Bob Dylan le Prix Nobel de littérature REUTERS/Ki Price/File Photo
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Le chanteur américain, 75 ans, a été récompensé « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d'expression poétique ». Ces propos de la secrétaire générale de l'Académie, Sara Danius, sont largement repris ce matin par la presse américaine. Un « choix extraordinaire », jubile le Washington Post. Pour la première fois, un musicien est honoré d’un prix Nobel de littérature, écrit le journal. Bob Dylan que le magazine Rolling Stone a qualifié de musicien américain le plus influent dans l’histoire du rock. Le New York Times rappelle que l’ancien bassiste des Rolling Stones, Bill Wyman avait déjà proposé Bob Dylan pour le prix Nobel en 2013. « Il y a peu de poètes dans le monde qui ont créé une oeuvre aussi dense », selon Bill Wyman.

Donald Trump accusé de harcèlement sexuel

Bob Dylan qui doit se partager la Une avec un homme qui n’est pas vraiment pour sa délicatesse et sa poésie : Donald Trump. Le candidat républicain accusé par plusieurs femmes de harcèlement sexuel, c’est à la Une de tous les journaux. C’est une révélation du New York Times. Le journal a recueilli les témoignages de deux femmes qui accusent Donald Trump d’attouchements sexuels. La première, Jessica Leeds, raconte qu’il y a 30 ans, lors d’un voyage en avion, le milliardaire avait touché ses seins et mis la main sous sa jupe. L’autre histoire remonte à 2005. Réceptionniste travaillant dans la tour Trump Tower à New York, Rachel Crooks alors âgée de 22 ans, reproche à Donald Trump de l’avoir embrassé sur la bouche à la sortie de l’ascenseur.

Pourquoi ces témoignages aujourd’hui ? En fait, Donald Trump, confronté à l’enregistrement d’une vidéo datant de 2005 dans laquelle il tient des propos sexistes à l’égard des femmes, a expliqué qu’il s’agissait de conversations entre hommes et qu’il n’était jamais passé à l’acte. En écoutant ces dénégations, les deux femmes ont alors décidé de témoigner, écrit le New York Times. Est-ce le début d’un grand déballage sur le comportement sexuel de Donald Trump ? En tous cas, certaines langues commencent à se délier, d’autres femmes se manifestent, c’est à lire dans le Los Angeles Times. « Il était comme une pieuvre », titre le journal, en citant Jessica Leeds, la femme harcelée dans l’avion.

Le magazine People publie également le témoignage d’une femme qui accuse Donald Trump de harcèlement sexuel. Il s’agit d’une ancienne journaliste du magazine qui a interviewé Trump chez lui, à l’occasion du premier anniversaire de son troisième mariage avec Melanie Trump. Ça s’est passé en 2005. Le milliardaire l’avait conduit dans une chambre et a fermé la porte, raconte la journaliste. Et elle continue : « Je me suis retournée, et en quelques secondes, il me pousse contre le mur et force sa langue dans ma gorge ». Natasha Stoynoff conclut : « Juste pour info, Monsieur Trump, je n'ai pas été consentante ».

Les militantes défendent le candidat républicain

Toutes ces révélations ont provoqué un tollé au sein du parti républicain, plusieurs élus se sont distanciés de leur candidat où l’ont carrément abandonné. En revanche, les militantes elles, continuent à soutenir Donald Trump. C’est à lire dans le Miami Herald. Le journal a demandé à plusieurs  sympathisantes leur réaction après la publication des propos sexistes. Et toutes les femmes interrogées estiment qu’il n’y a rien de grave dans cela. « C’est comme ça que les hommes parlent entre eux, il faut l’accepter », selon Liana Lopez, étudiante à l’université de Floride. Une autre militante explique : « moi j’ai acheté le livre 50 Nuances de Grey, j’ai trois petits fils, des hommes ça reste toujours des hommes » Avant d’ajouter : « moi je peux penser des choses similaires sur un homme que je trouve beau et j’ai 72 ans !

Les militantes qui ne lâchent pas Donald Trump, c’est quand même une minorité, car la plupart de femmes ne voteront pas pour le milliardaire. Le site d’information Five Thirty Eight s’est amusé à faire une projection du vote selon le sexe. Le résultat est bluffant : si seules les femmes participaient au scrutin, Hillary Clinton l’emporterait haut la main. A l’inverse, si l’élection était une « affaire d’hommes », la couleur de la carte électorale passerait du bleu au rouge et le milliardaire serait triomphalement élu président. Le site d’information en tire deux conclusions: jamais le fameux « gender gap » (l’écart entre les sexes) n’a été aussi important qu’aujourd’hui. Et si Trump perdait les élections, ce serait faute d’avoir obtenu suffisamment de votes féminins.

Hillary Clinton également dans l’embarras

Les frasques de son rival ont un peu occulté cette affaire, la publication par le site Wikileaks des emails piratés du parti démocrate et de l’entourage d’Hillary Clinton. Selon le Washington Post on y apprend entre autres que l’équipe de campagne s’inquiétait de la faiblesse de la candidate. « Est-ce qu’on sait finalement quel sera son message politique », s’est par exemple demandé un conseiller. Ou alors cet autre message envoyé par un ancien lobbyiste au directeur de campagne : « je suis pétrifié de constater que Hillary Clinton est dépendante d’une candidature de Donald Trump. Même un clown comme le sénateur texan Ted Cruz (ancien candidat aux primaires, NDLR) sera difficile à battre et cela m’inquiète beaucoup ! »

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