Venezuela

Venezuela: Nicolas Maduro approuve le budget 2017 et court-circuite le Parlement

Le président Maduro, budget 2017 en main, le 14 octobre 2016 à Caracas.
Le président Maduro, budget 2017 en main, le 14 octobre 2016 à Caracas. Miraflores Palace/Handout via REUTERS

Nouvel épisode du choc des pouvoirs au Venezuela entre l'Assemblée nationale et le président. Vendredi 14 octobre, Nicolas Maduro a présenté et approuvé le budget de l'Etat pour l'année 2017. Un budget remis dans la foulée pour validation non pas à l'Assemblée, mais au Tribunal suprême de justice. Motif : une décision de justice a été prononcée dans la semaine par la plus haute autorité judiciaire pour éviter l'examen du budget par le Parlement, dominé par l'opposition depuis les législatives de décembre dernier. Conséquence : le blocage institutionnel s'aggrave.

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Avec notre correspondant à Caracas,  Julien Gonzalez

« 73 % du budget de l'année prochaine sera destiné aux missions. » C'est ce qu'a promis Nicolas Maduro vendredi, se référant aux investissements en faveur des programmes sociaux de la Révolution.

Le président vénézuélien dit avoir approuvé un budget calculé sur la base de 30 dollars le baril de pétrole. Si le Venezuela dispose des plus importantes ressources pétrolières du monde, le pays est depuis plusieurs mois très sévèrement touché par la chute des cours pétroliers.

L'opposition de nouveau vent debout

Aussitôt signé, le document a été déposé, non pas à l'Assemblée nationale, mais sur le bureau du Tribunal suprême de justice. Motif avancé par la plus haute autorité judiciaire du pays pour assurer le contrôle du budget : « Toutes les décisions de l'Assemblée nationale sont nulles et non avenues. »

Une décision jugée « illégale » par l'opposition, qui invoque la Constitution pour rappeler que l'examen des comptes de la nation est une compétence des députés.

Maduro fustige « l'homme de l'échec »

Membres du gouvernement et ténors chavistes se sont pour leur part succédé toute la semaine pour répéter qu'il n'y avait de comptes à rendre qu'au peuple et que personne ne pouvait aller contre une décision du Tribunal suprême de justice.

Avec cette décision, le bras de fer entre l'exécutif et le législatif est donc une nouvelle fois relancé : ce vendredi, Nicolas Maduro n'a d'ailleurs pas mâché ses mots contre le président du Parlement, « l'homme de l'échec » selon lui, « qui a détruit en seulement neuf mois le prestige et la structure du pouvoir législatif au Venezuela ».

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