Brésil

Brésil: Eduardo Cunha arrêté dans le cadre du scandale Petrobras

Eduardo Cunha a été arrêté et escorté par la police en direction de Curitiba, dans le sud du pays, ce mercredi 19 octobre.
Eduardo Cunha a été arrêté et escorté par la police en direction de Curitiba, dans le sud du pays, ce mercredi 19 octobre. REUTERS/Adriano Machado

L’étau se resserre autour d’Eduardo Cunha, l’ancien homme fort du Congrès brésilien et artisan de la destitution de la présidente Dilma Rousseff. Ce mercredi 19 octobre, sur l’ordre du juge anti-corruption Sergio Moro, l’homme politique ultra-conservateur de 58 ans a été arrêté près de son domicile à Brasilia. Soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin dans l’affaire Petrobras, il est en train d'être transféré à Curitiba, dans le sud du pays, pour être à la disposition du juge.

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C’est l’histoire de l’arroseur arrosé version brésilienne. Eduardo Cunha, stratège de la destitution de la présidente Dilma Rousseff et ancien président de la Chambre des députés, a perdu son mandat le 12 septembre dernier.

Sans immunité parlementaire, il est devenu la cible de la justice qui accuse le député évangéliste ultra-conservateur de corruption dans l’affaire Petrobras. Eduardo Cunha est soupçonné, entre autres, d’avoir touché des pots-de-vin sur un contrat d’exploitation pétrolière en Angola.

L’ancien homme fort du Congrès rejette catégoriquement ces accusations, mais il ne convainc pas le juge Sergio Moro, qui dirige l’enquête sur l’affaire Petrobras. Ce dernier a ordonné la détention préventive d'Eduardo Cunha pour une durée indéterminée, à Curitiba, dans le sud du pays. Pour cause, selon le juge, l’accusé pourrait s'enfuir, car il possède un passeport italien et des « ressources cachées » à l’étranger. La police fédérale a aussi demandé la confiscation des biens d'Eduardo Cunha à hauteur d'environ 62 millions d'euros.

L'arrestation d'Eduardo Cunha a fait l'effet d'une bombe à Brasilia

Lorsque la nouvelle tombe à la mi-journée, les députés suspendent immédiatement leurs travaux. Une certaine fébrilité règne dans les couloirs du Parlement. Pendant plusieurs années, Eduardo Cunha y tirait presque toutes les ficelles. C’était l’homme de tous les coups, on le surnommait le « Machiavel de Brasilia ». C’est lui qui avait lancé la procédure de destitution contre la présidente Dilma Rousseff.

Puissant, mais pas intouchable, Eduardo Cunha est depuis quelques mois dans le viseur de la justice. Accusé de corruption dans l’affaire Petrobras, on le soupçonne d’avoir touché des pots-de-vin sur un contrat d’exploitation pétrolière en Angola. L’argent – l’équivalent de plusieurs millions d’euros – aurait été versé sur un compte en Suisse.

Ces accusations, Eduardo Cunha les a toujours niées en bloc. Mais le 12 septembre dernier, l’homme fort du Congrès est lâché par ses alliés qui votent en faveur de sa destitution. Cinq semaines plus tard, privé de son immunité parlementaire, le voilà arrêté devant son domicile en train de manger un petit pain. Selon la presse, Eduardo Cunha s’attendait à un séjour en prison. Il avait déjà préparé sa valise.

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