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Chili

Municipales au Chili: des scrutins porteurs d'enseignements nationaux

La présidente chilienne Michelle Bachelet en plein vote à Santiago, dimanche 23 octobre 2016.
La présidente chilienne Michelle Bachelet en plein vote à Santiago, dimanche 23 octobre 2016. Alex Ibanez/Courtesy of Chilean Presidency/Handout via Reuters
Texte par : Claire Martin
4 mn

Une abstention historique a marqué l'élection des maires et conseillers municipaux au Chili, dimanche 23 octobre 2016. Deux électeurs sur trois ne se sont pas rendus aux urnes. La crise de confiance touche particulièrement la coalition de la présidente socialiste Michelle Bachelet dont une grande partie des bastions sont récupérés par l’opposition de droite. A un an des échéances nationales, ces résultats prennent une importance toute particulière.

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De notre correspondante à Santiago du Chili,

Le niveau de l’abstention fut la grande surprise des scrutins de dimanche. Le principal quotidien chilien, El Mercurio, faisait lundi sa Une sur le « tremblement de terre électoral ». On savait qu’il y aurait une forte abstention, mais pas qu'elle atteindrait de tels niveaux.

Lors des élections municipales antérieures, en 2012, les Chiliens avaient voté pour la première fois de manière volontaire, alors que le vote était jusque-là obligatoire sous peine d’amendes. L’abstention avait alors atteint 57 %. Pour les élections du week-end dernier, elle est montée à 65 %, un record.

Les Chiliens n’ont plus confiance en leurs représentants politiques. Tous des corrompus, disent-ils. Il est vrai que depuis deux ans les scandales de financements frauduleux de la politique ne cessent de faire l’actualité. Aucun parti traditionnel n’y a échappé. Des partis rassemblés en deux grandes coalitions qui tiennent les rênes du pouvoir et qui n’ont pas changé depuis le retour de la démocratie en 1990.

La coalition d’opposition de droite est la grande gagnante de ces élections. Chile Vamos a remporté les communes les plus importantes du pays, le plus grand nombre de maires, les plus gros scores. Mais quand on regarde les chiffres, on se rend surtout compte que cette coalition a réussi à mobiliser ses propres électeurs. Certainement grâce à l’ex-président Sebastián Piñera, qui a retrouvé une certaine popularité.

Jorge Sharp, élu à Valparaiso.
Jorge Sharp, élu à Valparaiso. Facebook / Jorge Sharp Fajardo

Jorge Sharp, un avocat de 31 ans élu à « Valpo »

La coalition de la présidente socialiste Michelle Bachelet, elle, n’a pas réussi à faire voter ses partisans. Les électeurs de ce rassemblement de centre gauche, la Nouvelle majorité - qui va du Parti communiste aux démocrates chrétiens -, n’y croient plus. Mme Bachelet avait promis de répondre aux cris des manifestants, qui réclament une société plus juste depuis 2011.

Les Chiliens ont l'impression que Michelle Bachelet n’a rien fait, que ses réformes sont creuses. Et le nombre d’indépendants élus a augmenté de 30 % par rapport aux élections antérieures. Le scrutin le plus symbolique, qui a créé la surprise au niveau national, est celui de la commune emblématique de Valparaiso. Jorge Sharp, avocat de 31 ans, a obtenu plus de 53 % des voix.

Sa candidature est justement née d’une volonté d’en finir avec les partis traditionnels, de rénover la politique. Il vient tout droit des mouvements sociaux, du mouvement étudiant. Il a de fait été élu candidat lors de primaires organisées par les citoyens.

Jorge Sharp est soutenu par deux autres anciens leaders étudiants aujourd’hui députés, Gabriel Boric et Giorgio Jackson. Des jeunes qui ont à peine la trentaine et qui ont formé de nouveaux partis politiques. Un pied de nez, encore une fois, aux partis traditionnels.

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