Colombie

Accord avec les FARC en Colombie: l'opposition promet une guerre d'usure

Dans la rue à Bogota, les Colombiens manifestent en faveur de l'accord de paix signé le 24 novembre avec les FARC ou contre comme cet homme baillonné.
Dans la rue à Bogota, les Colombiens manifestent en faveur de l'accord de paix signé le 24 novembre avec les FARC ou contre comme cet homme baillonné. REUTERS/Felipe Caicedo

Près de deux mois après le rejet par référendum, le nouvel accord de paix conclu avec la guérilla des FARC a été signé à Bogota, en quasi catimini, comparé à l’ambiance de fête de la cérémonie du 26 septembre. Ratification par le congrès, mais l’opposition promet une guerre d’usure avec contestation de chaque étape. Dans le viseur : les élections législatives de 2018.

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avec notre correspondante à Bogota, Marie-Eve Detœuf

L’accord de paix remanié a été signé ce jeudi 24 décembre à Bogota. Dans le maquis depuis 52 ans, les FARC vont dans les mois qui viennent déposer les armes. Mais avant cela une amnistie doit être votée et des lois doivent être modifiées. Et pour ce faire l’accord de paix, négocié entre les émissaires du gouvernement et des FARC, doit être ratifié.

Le président Santos ne veut plus demander l’avis des électeurs qui ont retoqué la première mouture de l'accord le 2 octobre. Il a décidé de faire ratifier le nouvel accord de paix par le Congrès. Tollé de la droite dure qui exige un nouveau référendum alors qu’elle n’en voulait pas la première fois. « C’est compréhensible que les gens pensent que la ratification par le Congrès soit moins légitime que le référendum, parce que le référendum c’est de la 'démocratie directe'. Ce serait mieux, oui, politiquement. Mais juridiquement il n’y a pas d'obligation. Le Congrès peut le faire et peut le faire avec légitimité, certainement, oui », explique à RFI Magda Correa, professeur de droit constitutionnel.

L’accord de paix sera donc présenté au Sénat le 29 novembre et le lendemain à la Chambre des députés. Mais le parti de l’ex-président Alvaro Uribe ne l’entend pas ainsi : il exige ni plus ni moins que la révocation du Congrès pour usurpation de fonctions. « C’est un point de vue mais il n’y a pas de raisons constitutionnelles, juridiques ni même politiques pour révoquer, ça n’a pas de sens, poursuit Magda Correa. Ce que doit faire le parti uribiste, c’est aller au débat au Congrès pour argumenter mais pas chercher à discréditer le Congrès ».

Paradoxe de ce premier jour de paix: le débat n’oppose pas les FARC, qui ont encore leurs armes, au monde politique. Il déchire la classe politique elle-même.

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