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Chili

Chili: la détention d’une chamane mapuche fait polémique

Un portrait de Francisca Linconao lors d'une manifestation mapuche à Santiago de Chile, le 21 novembre 2016.
Un portrait de Francisca Linconao lors d'une manifestation mapuche à Santiago de Chile, le 21 novembre 2016. REUTERS/Ivan Alvarado
Texte par : Claire Martin
3 mn

Au Chili, une partie de l’opinion publique s’insurge contre la détention provisoire d’une chamane du peuple indigène mapuche depuis déjà huit mois. La machi, comme on l’appelle dans la langue mapuche, Francisca Linconao, est accusée par la justice d’avoir organisé l’incendie qui a tué un couple au Sud du pays en 2013. Un crime pour lequel elle plaide son innocence.

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Les faits remontent au 4 janvier 2013. En pleine nuit, un groupe fait irruption dans une propriété en pleine campagne, près de la petite ville de Vilcun, dans le sud du Chili, avec l’intention de mettre le feu à la maison. Le propriétaire, Werner Luchsinger, se défend en tirant sur les agresseurs, tout en appelant la police et ses proches. Leur fils arrive le premier sur les lieux, mais la maison brûle déjà et les pompiers retrouvent les corps de son père et sa mère, Vivianne Mackay, calcinés.

Des terres ancestrales revendiquées par les mapuches

Sur les lieux du drame, les enquêteurs retrouvent des pamphlets sur l’autonomie des Mapuches. Ce peuple vivait dans cette région avant même la colonisation espagnole, et une petite minorité d’entre eux, chiffrée à un million, revendique leurs terres ancestrales.

En effet, entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, l’Etat chilien avait offert des terres à tout immigrant voulant les cultiver. Mais ces terres dites vierges appartenaient en fait aux Mapuches. Ainsi, depuis plus d’une vingtaine d’années, une partie d’entre eux souhaitent les récupérer. Le couple Luchsinger-McCkay appartenait à une des premières familles de migrants arrivées dans la région. Ils étaient très riches, très influents, notamment dans le parti de droite Rénovation nationale, de l’ancien président de la République Sebastian Pinera. Leur mort a donc non seulement beaucoup choqué, mais la pression est grande pour retrouver les coupables.

Selon le procureur, la machi Francisca Linconao serait à la tête du groupe qui a incendié la maison. Seulement, la défense a démonté une à une les preuves contre elle. La seule qui reste désormais est le témoignage d’un autre accusé dans l’affaire qui s’est ensuite dédit. Il a expliqué devant le tribunal que la police qui le détenait l’avait obligé à signer. La machi est pourtant en détention provisoire depuis mars dernier. Et cette femme de 60 ans se trouve dans un état de santé préoccupant. Elle a été hospitalisée d’urgence 4 fois déjà, et elle est en ce moment même dans un centre de médecine mapuche. Elle a notamment des problèmes d’hypertension.

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