Brésil

Brésil: le scandale Petrobras rattrape à son tour Michel Temer

Le président brésilien Michel Temer, à Brasilia, le 5 décembre 2016.
Le président brésilien Michel Temer, à Brasilia, le 5 décembre 2016. REUTERS/Adriano Machado

Au Brésil, le scandale Petrobras menace désormais directement le président Michel Temer. Les hauts dirigeants d'une entreprise de BTP ont commencé à dénoncer, contre des remises de peine, les sommes versées aux partis politiques, dans le scandale Petrobras. Des milliards d'euros ont été détournés et le président Michel Temer apparaît nommément dans ces « délations ».

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Avec notre correspondant à Rio de Janeiro, François Cardona

Selon le témoignage d'un ancien cadre dirigeant de l'entreprise Odebrecht, Michel Temer, alors vice-président de Dilma Rousseff, aurait en 2014 demandé plus de 3 millions d'euros au PDG du géant du BTP brésilien, Marcelo Odebrecht. De l’argent qui aurait servi à financer la campagne de plusieurs candidats du parti de Michel Temer, le PMDB, aujourd'hui au pouvoir au Brésil.

Des accusations graves, recueillies par les juges en charge de l'enquête sur le scandale de corruption Petrobras, qui ont ensuite fuité dans la presse. Outre le président, plusieurs dizaines de noms d'hommes politiques apparaîtraient dans les premières dépositions des dirigeants d'Odebrecht obtenues contre des remises de peine.

L'actuel secrétaire général de la présidence ainsi que le président du Sénat auraient même coordonné les versements de pots-de-vin d'Odebrecht, qui obtenait en échange un traitement de faveur et des contrats publics. Michel Temer, dans un communiqué, a démenti ces accusations, niant toute implication dans le réseau de corruption mis en place au cœur du pouvoir.

La délation collective des cadres dOdebrecht ne fait pourtant que commencer. Ils sont 78 à témoigner devant les juges, et leurs dépositions sont déjà en train de faire trembler le monde politique brésilien.

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