REVUE DE PRESSE DES AMERIQUES

A la Une: polémique après le discours de John Kerry sur le Proche-Orient

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry lors de son discours sur la paix au Proche-Orient à Washington, le 28 décembre 2016.
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry lors de son discours sur la paix au Proche-Orient à Washington, le 28 décembre 2016. REUTERS/James Lawler Duggan

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Dans certains journaux, les critiques sifflent comme des balles ! « Porter le coup le plus sérieux à l'amitié historique entre les Etats-Unis et Israël n'a apparemment pas suffi à John Kerry. Non, hier il a fait encore pire en expliquant que le vote à l'ONU visait à sauver Israël des éléments les plus extrémistes au sein de son propre gouvernement », s'insurge le Boston Herald. « Quel aveu choquant - cette ingérence assumée dans la politique d'une nation souveraine ! C’est bien la preuve, s’il en fallait, que l'abstention américaine à l'ONU s'explique avant tout par l'animosité de l'administration Obama envers le gouvernement démocratiquement élu de Benyamin Netanyahu ».

« John Kerry a tout fait », lance de but en blanc l'auteur d'une tribune publiée par le Los Angeles Times et qui prend la défense d'Israël. « Et franchement ! Est-ce que cette obsession de dernière minute pour trouver une issue au conflit israélo-palestinien servira la paix? », s'interroge le quotidien. « Pourquoi l'administration Obama utilise ses dernières semaines au pouvoir pour détruire ses relations avec Israël, voilà une question qui mérite une réponse. »

Même son de cloche dans les colonnes du Wall Street Journal, qui écrit : « Monsieur Kerry voulait tenir un vibrant plaidoyer pour la solution à deux Etats et n'a fait que repousser la possibilité d'atteindre cet objectif », estime le quotidien économique. « A cause de Monsieur Kerry, les Palestiniens vont maintenant croire qu'ils obtiendront tout ce qu'ils souhaitent à l'ONU. Et Israël est désormais convaincu que le soutien de l'Occident n'est pas sincère et peut changer du jour au lendemain ». Et l'éditorialiste de conclure : « Avec sa colère, John Kerry n'a rien gagné ».

Mais d’autres journaux sont plutôt admiratifs et saluent le courage du secrétaire d’Etat américain. A l’instar du St. Louis Post Dispatch pour lequel c’était « un discours extraordinaire ! Non seulement pour son analyse complète et profonde des facteurs qui ont rendu le conflit israélo-palestinien si épineux mais aussi pour sa franchise et son honnêteté de pointer les obstacles que dresse le gouvernement Netanyahu à la paix. »

« Les tensions entre Israël et les Etats-Unis ne sont pas suscitées par un changement dans la politique américaine mais par une évolution dangereuse de la politique israélienne », souligne aussi le New York Times. « Car sous le gouvernement du Premier ministre Benyamin Netanyahou la politique, de l'Etat hébreu s'éloigne de la solution négociée à deux Etats. »

« Et puis », conclut de son côté le Boston Globe, « Soyons honnêtes : il n'y a jamais de bon moment pour dire une vérité douloureuse à un bon ami. Etant donné que le mandat du secrétaire d'Etat touche à sa fin dans trois semaines, c'était maintenant ou jamais. »

Colombie : le Parlement approuve loi d’amnistie

Le Parlement colombien a approuvé, hier, la loi d'amnistie prévue dans l'accord de paix avec la guérilla des FARC. Le texte a été adopté par 121 voix pour et 0 contre à la Chambre des représentants, puis par 69 voix pour et 0 contre au Sénat. Les élus du Centre démocratique, le parti de l'ancien président Alvaro Uribe, fervents opposants de l'accord de paix et de la loi d'amnistie, se sont abstenus, rapporte El Espectador.

« L'adoption de la loi est le premier pas pour la consolidation de la paix », se félicite le président colombien Juan Manuel Santos dans les colonnes d'El Pais. Semana précise encore une fois les contours du texte : pourront bénéficier de l'amnistie tous les guérilléros accusés de délits politiques ou connexes. En revanche, les membres des FARC qui se seraient rendus coupables de crimes contre l'humanité, violences sexuelles ou enlèvement seront traduits, eux devant un tribunal spécial qui pourra les condamner à des peines alternatives à la prison à condition qu'ils disent toute la vérité sur les faits qui leur sont reprochés. « La loi s'appliquera également aux agents de l'Etat, notamment aux militaires et policiers », détaille encore le journal.

Avec l'adoption de l'amnistie, les guérilléros devraient maintenant pouvoir se rassembler dans les zones prévues à leur démobilisation. Selon l'accord de paix, les membres des FARC devaient être tous regroupés dans 26 zones de rassemblement pour être désarmés et préparés à leur entrée dans la vie civile. Mais la guérilla et le gouvernement ont fait savoir que ces « zones n'étaient pas toutes prêtes ». Aucune nouvelle date limite n'a été annoncée. En revanche, précise El Tiempo, les deux parties se sont mises d'accord pour que « le nombre et les noms des FARC ne pouvant pas bénéficier de l'amnistie soient connus d'ici au 30 janvier. »

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