Accéder au contenu principal
Venezuela

Venezuela: l'échec de l'opposition sur le référendum anti-Maduro

Julio Borges, le nouveau président de l'Assemblée nationale vénézuelienne.
Julio Borges, le nouveau président de l'Assemblée nationale vénézuelienne. REUTERS/Marco Bello
Texte par : Julien Gonzalez
4 mn

Au Venezuela, l'opposition majoritaire à l'Assemblée Nationale avait promis en 2016 « une sortie constitutionnelle, pacifique, démocratique et électorale » du gouvernement de Nicolas Maduro. Sa stratégie : un référendum révocatoire contre le président. Une procédure seulement possible à mi-mandat, et qui a vite pris des allures de contre-la-montre. Date limite pour ce scrutin, le 10 janvier 2017. Passée cette date, même en cas de victoire de l'opposition, ce serait alors le vice-président qui succèderait à Nicolas Maduro et le parti chaviste resterait au pouvoir. Or, cette date limite, c'est demain et il n'y a aucune chance de voir un référendum révocatoire ce lundi 9 janvier.

Publicité

De notre correspondant à Caracas,

Si le référendum révocatoire n'a pas eu lieu, c'est parce que les autorités électorales ont décidé de « reporter le processus jusqu'à nouvel ordre ». Le 20 octobre dernier, le Conseil National Electoral avait en effet mis un frein à cette procédure en raison de fraudes dans les signatures de la

première étape du processus

.

Depuis, l'opposition martèle que le référendum lui a été « séquestré », que le Conseil National Electoral joue le jeu du gouvernement ! En face, les chavistes affirment que Nicolas Maduro restera président jusqu'à la fin de son mandat en janvier 2019. La promesse d'en finir avec le gouvernement n'a donc pas été tenue et marque le plus gros échec de l'opposition en 2016. Une opposition qui a depuis ce jeudi son nouveau président à l'Assemblée Nationale et qui souhaite reprendre l'offensive anti-Maduro.

La stratégie de l'opposition

A peine nommé, le président de l'hémicycle a annoncé la couleur : la procédure contre Nicolas Maduro d'abandon de poste pour « manquements à ses devoirs » va être approuvée par l'Assemblée, « ouvrant la porte [selon lui] à des élections générales ».
Mais depuis 1 an, presque toutes les décisions votées par les députés ont été invalidées par le Tribunal Suprême de Justice, ce qui laisse peu de chances de voir aboutir toute procédure contre le président.

Donc concrètement, la problématique de l'opposition est complexe : comment maintenir la pression alors qu'elle ne détient qu'un seul pouvoir, le législatif, et qu'en raison du choc de pouvoir permanent avec le judiciaire depuis 1 an, sa marge de manœuvre est très faible, en atteste son maigre bilan lors de la première année écoulée.

Et l'autre enjeu pour l'opposition qui est une coalition d'une trentaine de partis, c'est sa capacité à rester unie, condition obligatoire de tout succès à venir.

Un dialogue national entre le gouvernement et l'opposition

Le dialogue national a beaucoup cristallisé les tensions au sein de l'opposition. D'emblée, 15 partis de la coalition n'ont pas souhaité s'assoir à la table des négociations. Le parti de l'opposant emprisonné Leopoldo Lopez, lui, répète que « les conditions du dialogue ne sont pas réunies ». A contrario, Manuel Rosales, dirigeant d'un autre parti qui a été libéré il y a une semaine, a appelé à « établir des accords minimaux » avec le gouvernement.

La deuxième rencontre générale en décembre dernier avait été annulée par l'opposition : la faute au gouvernement selon elle qui ne tient pas ses engagements. Prochain rendez-vous fixé à ce vendredi 13... mais le secrétaire général de la MUD l'a déjà annoncé : ce jour-là, « il n'y aura pas de dialogue direct entre le gouvernement et l'opposition ».
 

→ A RE(LIRE) : La crise au Venezuela en six grandes dates

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.