Venezuela

Venezuela: l'Assemblée nationale vote l'abandon de poste de Nicolas Maduro

Au micro, Freddy Guevara, premier vice-président de l'Assemblée nationale du Venezuela. Derrière lui, le président Julio Borges et la seconde vice-présidente Dennis Fernandez.
Au micro, Freddy Guevara, premier vice-président de l'Assemblée nationale du Venezuela. Derrière lui, le président Julio Borges et la seconde vice-présidente Dennis Fernandez. REUTERS/Marco Bello
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Pour sa rentrée 2017, l'opposition vénézuélienne a repris son offensive contre le chef de l'Etat. L'Assemblée nationale, où l'opposition est majoritaire depuis un an, a voté lundi 9 janvier 2017 « l'abandon de poste » du président Nicolas Maduro pour « manquements à ses devoirs ». Sorte de destitution, en somme. Un geste symbolique.

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Avec notre correspondant à Caracas,  Julien Gonzalez

C'était « la » priorité affichée par le nouveau président de l'Assemblée nationale du Venezuela, fraîchement désigné jeudi dernier. Le seul ordre du jour de la session de lundi. Les députés ont approuvé à la majorité l'abandon de poste de Nicolas Maduro, avant de crier dans l'hémicycle : « Maintenant des élections ! »

Parmi les motifs invoqués par l'opposition : la responsabilité du président de la République dans la crise économique et l'inflation, la pénurie de nourriture et de médicaments, ou encore la délinquance qui frappe le pays et qui fait aujourd'hui du Venezuela « le deuxième pays le plus violent au monde ».

En face, les députés pro-Maduro ont condamné « un acte ridicule ». Le camp chaviste considère que selon la Constitution, l'abandon de poste renvoie à une absence physique et non à une interprétation subjective de bonne ou mauvaise gestion du gouvernement...

Le vote de ce lundi risque de toute façon de rester symbolique, puisqu'il a de fortes chances d'être invalidé par le Tribunal suprême de justice (TSJ). Peu de temps avant la session parlementaire, la plus haute autorité judiciaire du pays avait d'ores et déjà prévenu :  l'Assemblée n'a pas la faculté de destituer le chef de l'Etat.

Depuis un an, presque toutes les décisions du Parlement vénézuélien ont été invalidées par le Tribunal suprême de justice. Ce lundi, le TSJ a « ordonné aux députés de s'abstenir de toute procédure déclarant la responsabilité politique du président ». Bref, le choc des pouvoirs entre le législatif et le judiciaire reprend au Venezuela.

→ À relire : L'échec de l'opposition sur le référendum anti-Maduro

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