Etats-Unis

Le décret Trump anti-immigration soulève une vague d'indignation internationale

Le président Donald Trump lors d'un rendez-vous à la Maison Blanche, le 30 janvier 2017.
Le président Donald Trump lors d'un rendez-vous à la Maison Blanche, le 30 janvier 2017. REUTERS/Carlos Barria

Le décret anti-immigration pris par le président américain Donald Trump a encore provoqué ce lundi 30 janvier de nombreuses critiques de la part de dirigeants politiques et d'institutions internationales.

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Aux quatre coins de la planète, la vague d'indignation soulevée par le décret Trump au sujet de l'immigration ne se calme pas, bien au contraire. Haussant le ton, la chancelière allemande Angela Merkel a estimé que la lutte contre le terrorisme ne justifiait en aucune manière « de généraliser le soupçon contre les personnes en fonction de leur croyance, en l'occurrence ici des personnes de foi musulmane ». « A mon sens, cet acte est contraire aux principes élémentaires d'aide aux réfugiés et de coopération internationale », a-t-elle ajouté. La chancelière allemande a été la figure de proue de l'accueil des réfugiés en Europe, avec plus d'un million de demandeurs d'asile arrivés en Allemagne ces deux dernières années.

En visite en Iran, l'un des sept pays visés par le décret de Donald Trump, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a appelé à cette décision soit annulée, dénonçant une situation « inacceptable et très pénalisante pour les personnes concernées ». Pour le chef de la diplomatie française, la décision du président américain « est unilatérale, surprenante et brutale ».

De son côté, Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne, a déclaré « en Europe, notre histoire nous a appris (...) qu'à force de construire des murs autour de soi, on peut se retrouver en prison. L'Union européenne continuera à coopérer (...) avec tous les pays de la région, quelles que soient leurs religions. »

Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la commission de l'Union africaine, a déclaré lors de son discours d'ouverture du sommet d'Addis-Abeba : « Nous entrons dans une époque très tumultueuse. Le pays même vers lequel tant de nos ressortissants ont été conduits comme esclaves durant la traite transatlantique a décidé d'interdire les réfugiés venant de certains de nos pays. Que faire face à cela ? C'est l'un des plus grands défis lancés à notre unité et notre solidarité ».

Zeid Ra'ad al-Hussein, Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a quant à lui tweeté « La discrimination en fonction de la nationalité est interdite par les #droitsdelhomme ».

L'Organisation de la coopération islamique, qui regroupe 57 pays, a affirmé dans un communiqué que « de telles mesures sélectives et discriminatoires ne font qu'encourager le discours radical des extrémistes. » La décision « va donner du grain à moudre aux tenants de la violence et du terrorisme, au moment, critique, où l'OCI est engagée avec tous ses partenaires, dont les Etats-Unis, dans la lutte contre l'extrémisme et le terrorisme sous toutes leurs formes et manifestations », ajoute le communiqué.

Aux Etats-Unis, la direction de l'une des plus grandes organisations musulmanes, le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), a décidé de porter plainte contre le décret de Donald Trump. « Pour nous, ce décret viole la Constitution des Etats-Unis, le principe de l'égalité pour tous devant la loi. Donald Trump favorise une communauté religieuse par rapport à une autre. Et ceci viole également la Constitution américaine. De plus, ce décret n'est pas basé sur des faits mais sur le ressentiment anti-musulman de Donald Trump. Les musulmans comme tant d'Américains d'autres croyances sont très inquiets face à cette torsion de la tradition américaine. Durant des siècles, ce pays et sa société ont été ouverts y compris - quand les temps sont durs - ouverts aux réfugiés, à ceux qui sont dans le besoin. Les discriminer en raison de leur foi n'est non seulement immoral et inhumain, c'est aussi une violation des lois américaines. Aujourd'hui, nous sommes très touchés par le soutien que nous recevons de nos concitoyens américains qui nous disent : nous sommes tous des musulmans et ils ne devraient pas être bannis des Etats-Unis », estime Nihad Awad, directeur national du CAIR.

Enfin, Jason Cone, directeur de l'ONG Médecins sans frontières aux Etats-Unis a fait paraître un communiqué dans lequel il indique que « nos équipes sur le terrain voient tous les jours des gens qui recherchent désespérément un peu de sécurité devant des
frontières fermées et dans des zones de guerre dont ils ne peuvent fuir 
».

A (RE)LIRE : Décret anti-musulmans: manifestations aux Etats-Unis, Trump persiste et signe

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