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Revue de presse des Amériques

A la Une: pour Angela Merkel les Etats-Unis ne sont plus un partenaire fiable

Angela Merkel et Donald Trump, lors du sommet du G7 à Taormine, le 26 mai 2017.
Angela Merkel et Donald Trump, lors du sommet du G7 à Taormine, le 26 mai 2017. REUTERS/Jonathan Ernst

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« L’époque où nous pouvions entièrement compter les uns sur les autres est quasiment révolue. J’en ai fait l’expérience ces derniers jours. Nous, Européens, devons prendre notre destin en main ». Voilà ce qu’a déclaré Angela Merkel, de retour en Allemagne, après la réunion de l’Otan à Bruxelles et le sommet du G7 en Sicile.

« La chancelière ne le nomme pas directement, mais il est évident que ses remarques sont la conséquence de la tournée catastrophique du président Trump en Europe », estime le Los Angeles Times. « Son refus de s’engager sur l’article 5 du traité de l’Otan, le fait qu’il laisse planer le doute sur ses intentions concernant le maintien ou non des États-Unis dans les accords de Paris sur le changement climatique, ou encore sa position douteuse vis-à-vis de Moscou, font que la plus influente des dirigeants européens estime aujourd’hui que les États-Unis ne sont plus un partenaire fiable ».

La déclaration d’Angela Merkel est d’autant plus importante que « la chancelière est une personnalité prudente, tout le contraire de Donald Trump », fait remarquer le Washington Post. « Et ses mots, mûrement réfléchis, montrent que Madame Merkel souhaite désormais changer l’Union européenne pour que celle-ci soit plus forte, plus indépendante, notamment des États-Unis. Si la chancelière gagne les élections législatives en septembre prochain de manière convaincante et si elle obtient suffisamment de soutien auprès des autres États, elle pourrait engager un changement profond des relations entre les États-Unis et l’Union européenne ».

Le New York Times parle même d’un « séisme dans les relations transatlantiques ». « C’est la fin de l’époque où les États-Unis menaient et l’Europe suivait », constate un ancien diplomate américain auprès de l’Otan dans les colonnes du journal.

« Donald Trump nuit aux intérêts américains », s’alarme de son côté The Atlantic. « Cette situation n’est non seulement compliquée, elle est aussi dangereuse ». Pour le magazine mensuel, il n’y a qu’un seul bénéficiaire de cette évolution géopolitique, c’est la Russie. « La tournée de Donald Trump en Europe était parfaite pour le Kremlin. Poutine n’aurait pu inventer meilleur scénario ».

Brésil : le président, visé par les manifestations, maintient le cap des réformes

Au Brésil la crise politique se poursuit. Hier à Rio de Janeiro, des milliers de manifestants sont descendus dans la rue pour réclamer la démission du président Michel Temer. « Nous voulons des élections directes », scandaient ces Brésiliens réunis à Copacabana, fatigués d’avoir un président qui fait l’objet de graves accusations de corruption, mais qui s’accroche au pouvoir. Car malgré la pression populaire, le chef de l’État a réitéré dimanche sa ferme intention de maintenir le cap des réformes. « Le Brésil ne s’est pas arrêté et ne va pas s’arrêter, malgré la crise politique que, je le reconnais, nous sommes en train de traverser », a-t-il affirmé dans une tribune publiée dans le journal Folha de Sao Paulo.

Mais d’après O Globo, Michel Temer prépare déjà un plan B au cas où ses deux principales réformes, celle des retraites et celle du droit du travail resteraient bloquées au Parlement. Car l’opposition a déjà annoncé une politique d’obstruction, écrit Zero Hora, avec l’objectif de ralentir le processus législatif. L’objectif de Michel Temer, en revanche, c’est de gagner du temps. C’est pour cela qu’il a demandé à deux ministres d’échanger leurs postes. Torquato Jardim, ancien ministre de la transparence sera chargée de la justice. Selon Correio Braziliense, le président souhaite ainsi peser sur l’enquête menée par la Cour suprême à son encontre. 

Et l’opinion publique ? Selon Carta Capitale, elle n’est pas du tout prise en compte, car la majorité des Brésiliens sont en faveur des élections présidentielles anticipées. Mais les députés de la majorité font tout pour bloquer l’initiative de l’opposition qui veut changer la Constitution pour permettre la tenue des élections directes. Car si Temer est destitué ou démissionne, ce sera aux parlementaires de désigner son successeur dans les 30 jours.

Pérou : le passé de l’ex-président Ollanta Humala
 
Au Pérou, de nouvelles révélations sur le passé de l’ancien chef d’État Ollanta Humala font aujourd’hui couler beaucoup d’encre. « Deux nouveaux témoins affirment avoir commis des crimes sur ordre d’Ollanta Humala », titre El Commercio aujourd’hui. Pour rappel : au début des années 1990, Ollanta Humala était lieutenant-colonel de l’armée de terre et à la tête d’une section spéciale antiterroriste de la base militaire de Madre Mia. Madre Mia, c’est l’un des lieux tristement célèbres pour les opérations aveugles conduites à cette époque par l’armée contre le groupe terroriste du Sentier lumineux. Depuis des années, des témoins affirment qu’Ollanta Humala serait le « capitaine Carlos », un nom de code militaire. Une enquête avait été ouverte en 2006, mais classée en 2009 faute de preuves. Ollanta Humala a été président du Pérou de 2011 à 2016. Il y a quelques semaines, un procureur a décidé de rouvrir le dossier.
 
L’un des deux anciens soldats, cité par les médias aujourd’hui, détaille dans les colonnes de Peru 21 le rite d’admission à la base de Madre Mia : « Je devais chercher un détendu dans sa cellule, le ligoter, lui enfiler une cagoule. Humala m’a alors dit : 'égorge-le. Si tu ne le fais pas, je m’en occupe moi-même' ».

L’autre ex-soldat parle également d’exécutions sommaires. « Nous avons arrêté une cinquantaine de paysans. Sur ordre du capitaine Carlos, nous les avons tués un par un, soit par balle, soit en les égorgeant avec des poignards. Nous avons jeté les corps dans des fosses et nous les avons brûlés ». Ces déclarations, conclut El Commercio, se trouvent désormais entre les mains du procureur.

 

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