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A la Une: la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris

Donald Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, le 1er juin 2017.
Donald Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, le 1er juin 2017. © REUTERS/Kevin Lamarque

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Les éditorialistes américains se dépassent littéralement en critiques acerbes. Le journal Detroit Free Press dénonce un pas « inexcusable ».« Avec ses décisions politiques rétrogrades et ses singeries fatigantes, le président Trump semble faire de son mieux pour réussir quelque chose qui paraissait impossible : rendre la présidence américaine insignifiante pour le progrès mondial », lance le Washington Post.

The Nation va jusqu'à fustiger « un crime contre l'humanité »: « Refuser d'agir contre le réchauffement climatique », explique l'hebdomadaire, « c'est condamner des millions de personnes à la souffrance. C'est du meurtre, même si l'aveuglement de Donald Trump l'empêche de le reconnaître. L'Histoire, elle, ne sera pas aveugle ».

Donald Trump a justifié sa décision en expliquant que l'accord de Paris était désavantageux pour les Etats-Unis.

« Et il a corroboré cet argument par une foison de données malhonnêtes basées sur des chiffres issus de sources favorables aux secteurs industriels », réplique le New York Times.
« La décision du président est jusqu'à présent la preuve la plus évidente que Donald Trump transforme les Etats-Unis en une force du mal », fustige de son côté le Los Angeles Times. « Bizarrement », se moque l'éditorialiste, « Trump veut négocier un nouvel accord sur le climat - comme si le reste du monde attendait sérieusement, le souffle coupé, les nouvelles idées qu'il pourrait mettre sur la table ».

La presse regrette que le président ait été sourd aux appels à la raison.

« En prenant cette décision catastrophique », souligne USA Today « le président a ignoré les conseils des scientifiques réputés, du pape François, des dirigeants des pays les plus riches, des entreprises, et même de sa garde rapprochée, comme sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner. Avant tout, Donald Trump a ignoré la grande majorité des Américains, dont 7 sur 10 sont favorables à l'accord sur le climat. Mais le président pense que c'est lui qui a raison. Les seuls gagnants de ce choix sont les éléments les plus funestes et les plus extrêmes de l'administration Trump », conclut USA Today, à savoir : « le nationaliste Steve Bannon et le climato-sceptique Scott Pruitt ».

Rares sont ceux aujourd'hui qui saluent la décision du président.

« Grâce à notre président, les Etats-Unis ne détruiront pas leur propre économie pour satisfaire l'élite mondiale », se félicite le New York Post. Un autre tabloïd, le Washington Times, se réjouit de ce changement de ton, de cette rupture radicale, en écrivant : « Le climat change parfois. Après des jours de pluie, ce jeudi le soleil brillait dans le ciel de Washington ».

Réactions des voisins des Etats-Unis

Pour le journal colombien El Tiempo, « la politique américaine s'est transformée en un simple jeu entre de puissants groupes d'intérêts économiques et financiers ». « Nous, les autres, n'avons d'autre choix que de continuer ensemble sur la route que nous nous sommes fixée à Paris », constate au Honduras La Prensa. Et le quotidien chilien El Commercio de conclure : « Dans cette aventure dangereuse, les Etats-Unis resteront, seuls, à l'arrière ».

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