Venezuela

Venezuela: la procureure générale hausse le ton contre le Tribunal suprême

La procureure générale de la République du Venezuela, Luisa Ortega Diaz, lors d'une conférence de presse à Caracas le 24 mai 2017.
La procureure générale de la République du Venezuela, Luisa Ortega Diaz, lors d'une conférence de presse à Caracas le 24 mai 2017. REUTERS/Marco Bello

Au Venezuela, la procureure générale de la République a demandé des explications au Tribunal suprême de justice, le TSJ, après sa décision qui autorise le président à convoquer l'Assemblée nationale constituante sans référendum au préalable.

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Avec notre correspondant à Caracas,  Julien Gonzalez

Proche de l'ancien président Hugo Chavez, Luisa Ortega Diaz occupe le poste de procureure générale de la République depuis 2007. En 2014, l'Assemblée nationale, alors contrôlée par les chavistes, l'avait en effet reconduite. Après avoir été longtemps considérée par l'opposition comme proche du pouvoir, elle apparait depuis deux mois comme la voix critique au sein des institutions de l'Etat.

« La décision du Tribunal suprême de justice est un recul en matière de droits de l'homme », a déclaré la procureure générale de la République ce jeudi 1er juin. Luisa Ortega Diaz avait déjà marqué son opposition à l'Assemblée constituante qui « accélérerait la crise au Venezuela » selon elle. Ce jeudi, elle persiste et signe en demandant des explications aux magistrats sur cette nouvelle décision qui « semble éliminer la démocratie participative », dit-elle.

Série de critiques

Une prise de position forte qui s'ajoute à une série de critiques de sa part depuis 2 mois. La semaine dernière, elle contredisait la version officielle en confirmant la mort d'un manifestant à cause de l'impact d'une bombe lacrymogène lancée par les forces de l'ordre. Au début du mois de mai, elle manifestait « sa préoccupation » face aux jugements de civils par des tribunaux militaires.

Enfin, face aux décisions du Tribunal suprême de justice de s'attribuer les pouvoirs du Parlement fin mars, elle dénonçait « une rupture de l'ordre constitutionnel ». Aujourd'hui, des membres du camp présidentiel n'hésitent plus à la qualifier de « traîtresse ». L'homme fort du parti chaviste au pouvoir Diosdado Cabello a même « demandé pardon à la révolution pour avoir désigné Luisa Ortega Diaz comme procureure générale » lorsqu'il présidait le Parlement.

De son côté, Nicolas Maduro a appelé ce jeudi soir « à respecter les décisions du Tribunal suprême de justice », affirmant que « la convocation de l'Assemblée Constituante est légale ». Le président vénézuélien a cependant assuré « qu'une fois le processus de l'Assemblée constituante abouti, la nouvelle Constitution renforcée sera soumise à un référendum consultatif pour que le peuple décide s'il est d'accord ou pas ».

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