Mexique/Présidentielle

Mexique: les Zapatistes soutiennent une candidate à la présidentielle 2018

Maria de Jesus Patricio représentera l'Armée de zapatiste de libération nationale à l'élection présidentielle mexicaine de 2018.
Maria de Jesus Patricio représentera l'Armée de zapatiste de libération nationale à l'élection présidentielle mexicaine de 2018. REUTERS/Violeta Schmidt

Au Mexique, les Zapatistes font à nouveau parler d’eux. Cette fois, parce qu’ils ont validé la désignation d'une indigène comme candidate à la prochaine élection présidentielle du Mexique qui aura lieu en 2018. L’Armée zapatiste de libération nationale avait pourtant, jusqu’alors, toujours rejeté le système politique et électoral mexicain.

Publicité

de notre correspondant à Mexico,

Il ne s’agit pas vraiment d’un tournant stratégique pour l’Armée zapatiste, car ce ne sont pas ses membres qui ont nommé María de Jesus Patricio candidate à la présidentielle, même s’il est vrai que ce sont eux qui ont lancé l’idée d’une candidature indigène. Une idée qu’ils ont soumise au CNI, le Conseil National Indigène qui regroupe 58 peuples autochtones du Mexique.

C’est finalement lors d’une assemblée à San Cristobal de Las Casas, au Chiapas, que près de 1 000 délégués du CNI ainsi que des sympathisants zapatistes ont désigné María de Jesus Patricio comme candidate indépendante à la présidentielle de 2018. Une candidate à laquelle les commandants zapatistes ont apporté leur soutien.

Une candidature inédite

Cette candidature a été rendue possible grâce à une réforme constitutionnelle de 2014 qui permet désormais aux Mexicains n’appartenant pas à un parti politique de participer à des élections. D’où la décision des Indigènes de présenter l’une des leurs. Ce qui est totalement inédit au Mexique, car c’est la première fois qu’une femme indigène est candidate à la présidence.

María de Jesus Patricio, connue sous le nom de Marichuy, ne vient pourtant ni du Chiapas, ni des rangs zapatistes. Elle est originaire de la communauté de Tuxpan, dans l’État de Jalisco. C’est là que cette femme âgée de 57 ans exerce la médecine traditionnelle et qu’elle a fondé, en 1992, la « Maison des ancêtres », dans le but de maintenir vivante les traditions indigènes et la langue de l’ethnie nahua à laquelle elle appartient. En tant que candidate, son rôle sera de défendre les droits trop souvent bafoués des indigènes dont elle sera la porte-parole.

Une caisse de résonnance pour la communauté indigène

Les indigènes ont essayé à plusieurs reprises de faire bouger les choses depuis plusieurs années, comme ça été le cas des Zapatistes qui se sont soulevés le 1er janvier 1994, mais rien n’a réellement changé dans le pays. Actuellement, les Indigènes vivent toujours dans la pauvreté. Ils continuent à être l’objet de racisme et ils demeurent des citoyens de seconde zone. D’où leur intérêt de nommer aujourd’hui une candidate à la présidence.

Leur but n’est pas de recueillir des voix, sinon de faire parler d’eux, de parler de leur réalité, de défendre leurs droits, et donc de donner une visibilité médiatique à la cause des communautés indigènes. Ce que leur offre l’élection présidentielle qui, en ce sens, est une formidable caisse de résonance.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail