Etats-Unis

Réforme de l’Obamacare: le vote au Sénat loin d’être assuré

Le Capitole, où siège le Sénat américain.
Le Capitole, où siège le Sénat américain. NICHOLAS KAMM / AFP

Aux Etats-Unis, le texte sur la réforme du système de santé devrait être soumis au Sénat cette semaine. Des dizaines de millions d'Américains pourraient perdre leur assurance-maladie. Mais un vote au Sénat est encore loin d'être assuré.

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Avec notre correspondant à New York,  Grégoire Pourtier

L'arithmétique est simple. Sachant que les démocrates vont voter en bloc contre la réforme, les républicains peuvent se permettre de perdre seulement deux voix de leur camp au Sénat. Or ils sont déjà au moins quatre à avoir dit leur opposition, trouvant que le texte ne va pas assez loin dans la destruction de l'Obamacare.

Mais ce n'est pas tout : à l'autre bord du parti, un sénateur estime au contraire que le texte est trop radical, puisque 23 millions d'Américains devraient perdre leur assurance-santé. Et ces 23 millions de personnes ne sont pas seulement les plus défavorisés, ce sont aussi des électeurs, et le scrutin de mi-mandat a lieu dans un an et demi.

La réforme du système est donc encore loin d'être acquise, même si Donald Trump continue de tweeter que l'Obamacare est mort. « Je ne peux pas imaginer que ces très bons sénateurs républicains laisseront le peuple américain continuer à souffrir de l'Obamacare », a-t-il ainsi encore écrit samedi 24 juin.

Et puisqu'il ne s'exprime ces derniers temps que sur Fox News, un média qui le soutient ouvertement, le président n'est pas interrogé sur son opposition interne. Il peut ainsi justifier ses difficultés par la seule obstruction que feraient les démocrates.

« Ce serait formidable si les démocrates et les républicains pouvaient s'allier et aboutir à quelque chose qui satisferait tout le monde. C'est tellement simple. Mais même si on proposait la meilleure loi de l'histoire, aucun démocrate ne voterait pour », a déclaré le président américain qui dit n’avoir jamais vu un tel niveau d'hostilité, oubliant par là même que l'actuelle loi sur la santé a mis plus de trois ans à être votée puis mise en œuvre.

En revanche, c'est vrai qu'il est rare qu'un ancien président s'implique dans le débat public. Cette fois, Barack Obama a pris la plume pour défendre son héritage, dénonçant un transfert massif de richesse vers les plus fortunés.

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