Revue de presse des Amériques

A la Une: l'opposition vénézuélienne organise référendum contre Maduro

Des manifestants bloquent une route lors d'un rassemblement contre le président Maduro, à Caracas, le 1er juillet 2017.
Des manifestants bloquent une route lors d'un rassemblement contre le président Maduro, à Caracas, le 1er juillet 2017. REUTERS/Ivan Alvarado

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L’opposition vénézuélienne a annoncé ce lundi l’organisation d’un référendum le 16 juillet. Il s’agit d’une consultation populaire lors de laquelle les Vénézuéliens peuvent dire ce qu’ils pensent de l’Assemblée constituante, que le président appelle de ses vœux, du maintien de Nicolas Maduro au pouvoir, du rôle que devraient jouer les forces armées et de l’organisation d’élections libres et anticipées.

C’est « une société en pleine révolte qui l’organisera à travers 1708 centres de vote », titre El Nacional. Dans les colonnes du journal, Maria Corina Machado, l’une des principales figures de l’opposition, révèle qu’il y aura également « des centres de vote dans 108 villes à l’étranger ». Les Vénézuéliens expatriés seront donc également en mesure de s’exprimer.

« La MUD, la coalition de l’opposition convoque cette consultation populaire avec le but d’étendre sa légitimité dans sa lutte devant les institutions et celle dans les rues contre les actions anticonstitutionnelles du gouvernement » explique El Nacional. Le vice-président de l’Assemblée, Freddy Guevara, y souligne, quant à lui, « la nécessité d’augmenter la pression sur » ce qu’il qualifie de « dictature pour que le président décide enfin de négocier son départ du pouvoir ou pour que les forces armées décident de lui retirer leur soutien ». L’opposition estime avoir le droit légal d’organiser une telle révolte et se réfère à l’Article 350 de la Constitution bolivarienne.

L’article en question stipule que « le peuple du Venezuela, fidèle à sa tradition républicaine, à sa lutte pour l’indépendance, la paix et la liberté, ne reconnaîtra aucun régime, aucune législation ou autorité contraire aux valeurs, principes et garanties démocratiques ou qui porte atteinte aux droits de l’homme ».

En réaction à l’annonce de l’organisation d’un référendum par l’opposition, Nicolas Maduro a défendu le bien-fondé de l’Assemblée constituante, dont les membres doivent être élus le 30 juillet. Selon le chef de l’État vénézuélien, cette Constituante représente « un espoir réel pour le retour de la paix à travers l’exercice du pouvoir démocratique par le peuple », rapporte le quotidien Correo del Orinoco. Toujours d’après Nicolas Maduro, les Vénézuéliens ont désormais le choix entre deux options : « la violence et la guerre que représente l’opposition ou la paix et la liberté qu’offre la révolution bolivarienne ».

Echo international de la crise vénézuélienne

L’éditorialiste d’El Universalécrit : « L’actuel régime se lave les mains sans se sentir responsable de la crise. Il invente même un rendez-vous électoral illégitime, la Constituante, pour se maintenir au pouvoir. Ce faisant, il prétend parler au nom d’une majorité silencieuse tout en trahissant tout principe démocratique. Mais au Venezuela il y a ni une majorité ni même une minorité silencieuse », s’exclame El Universal avant de conclure : « Les protestations sont désormais si massives qu’elles ne résonnent pas seulement à travers le Venezuela, mais aussi dans le monde entier ».

Un éditorial du quotidien Ultimas Noticias thématise justement cet écho international. C’est d’autant plus significatif que depuis quelques années Ultimas Noticias, après le rachat du journal par un proche du régime chaviste, est devenu un quotidien dont la couverture est pro-gouvernementale. Mais voici ce qu’on lit dans l’éditorial du jour : « Dans un courrier adressé à l’Organisation des Etats américains, le représentant du Vatican a mis en garde contre l’organisation d’une Assemblée constituante au Venezuela » qui « menacerait l’avenir démocratique du pays. Le représentant du Saint-Siège a donc appelé les pays membres de l’OEA de convaincre Nicolas Maduro d’abandonner ce projet. Mais ce n’est pas tout », poursuit le quotidien. « Le président du Parlement européen a même brandi la possibilité de sanctions contre Caracas ». Et Ultimas Noticias de conclure : « Au Venezuela, 80 % de la population ont manifesté leur opposition à la Constituante. Il n’est donc pas étonnant que cette opposition se fasse également entendre au niveau international. Et pour cause : la Constituante ne fait qu’aggraver le conflit dans notre pays sans offrir les moindres solutions aux graves problèmes qu’affronte la société au quotidien ».

Quant à la principale voix discordante au sein du régime socialiste, la procureure générale, elle devait aujourd’hui comparaître devant le Tribunal suprême de justice. La plus haute juridiction du pays doit décider si Luisa Ortega sera poursuivie en justice, comme le réclame le gouvernement.

L’État de droit en Haïti

Nous sommes ce 4 juillet, jour de fête nationale aux États-Unis qui célèbrent ainsi leur déclaration d’indépendance de la couronne britannique, c’était en 1776.

A cette occasion, l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince a invité hier soir le gouvernement haïtien, des membres de la société civile et des journalistes. Une cérémonie lors de laquelle un feu d’artifice a clos toute une série de discours. Dans celui du chargé d’affaires américain, il était beaucoup question de l’État de droit, souligne Le Nouvelliste. « Pour Brian Shukan, un État de droit fort est essentiel pour la bonne gouvernance et favorise un climat propice pour attirer les investissements, pour élargir et stimuler la croissance économique », rapporte le quotidien.

Mais force est de constater que la communauté internationale ne sait pas trop sur quel pied danser face à la nouvelle administration haïtienne. C’est en tout cas ce que révèle notre confrère Frantz Duval qui cite un diplomate resté anonyme avec ces mots : « votre président n’a pas encore commis de grosses fautes, mais il ne nous rassure pas non plus ».

De fait, « la communauté internationale n’a ni bâton ni carotte pour faire avancer Haïti dans un sens ou dans l’autre » écrit l’éditorialiste du Nouvelliste. « La nouvelle équipe haïtienne a un mandat électif clair, une opposition au trente-sixième dessous, toutes les majorités au Parlement et la justice docile comme jamais ».

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