Venezuela / Nicolas Madura

Venezuela: la grève générale bien suivie dans une grande partie de Caracas

Des manifestants dans les rues de Caracas, le 20 juillet 2017, pendant la journée de grève générale.
Des manifestants dans les rues de Caracas, le 20 juillet 2017, pendant la journée de grève générale. REUTERS/Andres Martinez Casares
Texte par : RFI Suivre
3 mn

De nombreux commerces étaient fermés ce jeudi dans plusieurs villes au Venezuela. L'opposition avait appelé à une grève nationale de 24 heures pour obtenir la mise en place d'une présidentielle et aussi l'abandon du projet d’Assemblée constituante voulu par le président Maduro. L’élection de ses membres est prévue dans 10 jours, le 30 juillet. La grève a été bien suivie dans une partie du pays et notamment à Caracas, la capitale où des barricades ont bloqué la circulation dans plusieurs quartiers. Deux manifestants ont été tués.

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Avec notre correspondant à Caracas, Julien Gonzalez

Dès 6h00 du matin, de nombreuses rues sont restées désertes dans la capitale. Dans le quartier commerçant de Chacao, les bars, les restaurants, les petits commerces et même les supermarchés sont en effet restés fermés toute la journée.

Seule l'avenue Francisco de Miranda est bloquée par des barricades ; les autres rues sont désertes. Pour Isabel Garcia, la grève est un sacrifice qui en vaut la peine. « Les rues sont complètement vides. Nous protestons parce que nous n'en pouvons plus. C'est un sacrifice que nous devons tous faire : je perds de l'argent mais je gagne ma liberté. »  Pour Pedro Perez, un commerçant de ce quartier, il faut augmenter la pression d'ici la semaine prochaine qui sera selon lui « décisive ». « La semaine prochaine va être très tendue, témoigne-t-il. Mais nous ne pouvons pas reculer, nous devons continuer avec des grèves pour paralyser le pays, avec des blocages... Il faut répondre à tout ce que nous demandera l'opposition. »

Plus à l'Ouest, un commerce sur deux a baissé ses grilles sur le boulevard Sabana Grande. Juan Abreo soutient la grève mais ne peut pas fermer son petit restaurant à cause de la crise économique. « Je ne peux pas fermer parce que sinon je n'ai rien pour payer mes frais, les charges, les impôts ! A cause de la crise, je suis obligé de travailler les 365 jours de l'année, sans prendre de vacances ou de jours de congés. » 

Une grève des commerces donc. Mais aussi des transports puisque les bus étaient également à l'arrêt ce jeudi paralysant de nombreux quartiers de Caracas.

En octobre dernier, l'opposition avait déjà appelé à la grève générale après la suspension du référendum révocatoire, mais le mouvement avait été très peu suivi. Aujourd'hui, le contexte est différent. L'opposition manifeste presque quotidiennement depuis plus de 100 jours et compte encore accentuer la pression dans les jours qui viennent.

La grève, qui a été très suivie à l'est et au sud de la capitale, l'a cependant été beaucoup moins à l'ouest de Caracas. Les Vénézuéliens les plus modestes étant plus préoccupés par la crise économique et leurs conditions de vie.

Très rapidement, les leaders de l'opposition ont salué ce mouvement de grève comme un « succès ». Un constat que n'a évidemment pas partagé Nicolas Maduro : le chef de l'Etat a notamment assuré que « les 700 plus grandes entreprises du pays ont fonctionné à 100% ce jeudi ».

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