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Venezuela

Venezuela: rejet international après l'élection de l'Assemblée constituante

Le Venezuela pourrait être suspensu du Mercosur. Ici, les ministres des Affaires étrangères paraguayen, brésilien, argentin et uruguayen lors d'une conférence de presse après une réunion de l'organisation sur la situation au Venezuela, le 1er avril 2017.
Le Venezuela pourrait être suspensu du Mercosur. Ici, les ministres des Affaires étrangères paraguayen, brésilien, argentin et uruguayen lors d'une conférence de presse après une réunion de l'organisation sur la situation au Venezuela, le 1er avril 2017. REUTERS/Martin Acosta
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Plus les heures passent et plus le rejet international s’amplifie contre l’élection de ce dimanche 30 juillet au Venezuela. Une douzaine de pays se dont déjà prononcés contre ce scrutin. Parmi eux, les Etats-Unis ont promis de prendre des « mesures fortes et rapides » à l'encontre du gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro.

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Après avoir sanctionné la semaine dernière 13 dirigeants vénézuéliens, considérés comme une menace pour la démocratie, les Américains ont de nouveau haussé le ton, suite à l’élection de l’Assemblée constituante au Venezuela. « Les Etats-Unis condamnent » ce scrutin « qui met en péril le droit du peuple vénézuélien à s'autodéterminer », a déclaré dans un communiqué Heather Nauert, le porte-parole du Département d'Etat. Il assure que son pays « continuera à prendre des mesures fortes et rapides » contre le Venezuela.

L'administration Trump envisage plusieurs options pour sanctionner le Venezuela. Elle envisage de s’attaquer au secteur pétrolier du pays, à sanctionner d’autres dirigeants vénézuéliens, ou encore à prendre des mesures restreignant l'accès au système bancaire américain de la compagnie publique PDVSA, expliquent des responsables aux Etats-Unis.

« Une mascarade »

L'émissaire américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a qualifié sur Twitter l'élection de « mascarade ». « Le simulacre d'élection de Maduro est un autre pas vers la dictature. Nous n'accepterons aucun gouvernement illégitime. Le peuple vénézuélien et la démocratie prévaudront », a-t-elle déclaré, alors que la journée a été marquée par une escalade de la violence et de nouveaux morts.

Outre les Etats-Unis, les pays voisins du Venezuela rejettent en majorité ce scrutin. Le président colombien, Juan Manuel Santos, parle ainsi d’un processus « illégitime » dont le résultat ne peut pas être reconnu. Parlant d’une élection « viciée », le Panama soutient les mesures de rétorsion prises par Washington contre des fonctionnaires du régime vénézuélien.

Le Venezuela suspendu du Mercosur ?

Le Mexique a lui aussi décidé de ne pas reconnaître le résultat du vote, qualifiant ces élections de « contraires aux principes démocratiques reconnus universellement ». Même son de cloche pour le Chili, le Costa Rica, le Pérou et les deux poids lourds du sous-continent : le Brésil et l’Argentine. Selon le ministre paraguayen des Affaires étrangères, la Venezuela pourrait de surcroît être suspendu prochainement du Mercosur.

Une réunion des ministres des Affaires étrangères de la région aura lieu le 8 août prochain à Lima, relate notre correspondant en Equateur, Eric Samson. Critique féroce du régime chaviste, le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, a estimé quant à lui qu’il était hors de question de « permettre la constitutionnalisation d’un coup d’Etat » au Venezuela.

Devenus minoritaires dans la région, les pays de tendance bolivarienne comme le Nicaragua et la Bolivie ont sans surprise soutenu Caracas, l’Equateur ne s’étant pas manifesté dimanche soir.

L'UE exprime sa préoccupation

L'UE a fait part de sa préoccupation sur le « sort de la démocratie » au Venezuela.« La Commission exprime de sérieux doutes quant à savoir si le résultat de l'élection (de la Constituante) peut être reconnu », a souligné une porte-parole de l'exécutif européen lors d'un point presse à Bruxelles. « Une Assemblée constituante, élue dans des circonstances douteuses et souvent violentes, ne saurait faire partie de la solution », a poursuivi Mina Andreeva.

L'UE « condamne le recours à la force excessif et disproportionné par les forces de sécurité vénézuéliennes, selon Mme Andreeva. Il est de la responsabilité du gouvernement du Venezuela de garantir le respect de l'Etat de droit et des droits fondamentaux, comme la liberté d'expression et le droit de manifester pacifiquement ».

Le président du Parlement européen Antonio Tajani a quant à lui affirmé dans un communiqué que l'institution « ne reconnaîtra pas cette élection » de la Constituante ni la validité des actes juridiques que celle-ci serait amenée à établir, en fustigeant la nature « antidémocratique » du gouvernement de Caracas.

Un autre pays membre de l’Union européenne, la France, a exigé du gouvernement vénézuélien « qu’il garantisse ses engagements internationaux en matière de respect des libertés publiques ». Paris appelle également Caracas à consentir aux « compromis nécessaires au dénouement de la crise », afin de ne pas déstabiliser toute la région.

 

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