Nicaragua

Canal du Nicaragua: Amnesty s'inquiète du respect des droits des habitants

Manifestation d'opposants au canal interocéanique Atlantique-Pacifique, sur l'île d'Ometepe, sur le lac Nicaragua, le 15 juillet 2017.
Manifestation d'opposants au canal interocéanique Atlantique-Pacifique, sur l'île d'Ometepe, sur le lac Nicaragua, le 15 juillet 2017. REUTERS/Oswaldo Rivas
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Depuis quatre ans, le Nicaragua construit un grand canal qui doit relier l'océan Atlantique au Pacifique. Cet ouvrage inédit, d'une longueur de 275 kilomètres inclut également un aéroport, deux ports, un oléoduc, une voie ferrée et deux zones de libre-échange, a été confié à un groupe hongkongais. Les autorités soutiennent que cet investissement permettra la création de milliers d'emplois. Mais à quel prix? Amnesty international vient de sortir un rapport.

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C'est en décembre 2014 que le chantier de ce canal a été lancé, après le vote d'une loi ad-hoc. Amnesty International vient de publier un rapport qui dénonce le cadre juridique obscur qui entoure ce projet et demande l'abrogation de la loi qui est à son origine.

Adoptée en juin 2013 par le Congrès, cette loi crée « un contexte juridique qui ne laisse pratiquement pas de recours » aux populations impactées par le chantier du canal, explique à RFI Geneviève Garrigos, responsable du secteur Amériques à Amnesty.

Quelque 120000 personnes sont concernées par les travaux : dans l'agriculture pour commencer. « Le canal va traverser le lac Nicaragua sur plusieurs kilomètres, qui est la réserve d’eau potable la plus importante d’Amérique centrale. Il va y avoir des milliers et des milliers de terres qui vont être expropriées » rappelle Geneviève Garrigos.

Le contrat privé prime sur le droit nicaraguayen

Mais aussi dans d'autres secteurs d'activité. Des « personnes qui ont leurs commerces, qui ont toute une activité économique dans la région et qui ne savent même pas comment elles vont être expropriées, où elles vont être envoyées ». « Le gouvernement doit donner toute l’information et consulter les populations qui sont directement concernées ».

Outre le canal proprement dit, le projet comporte d'autres infrastructures qui auront aussi un impact sur la vie des habitants d'autant que la société hongkongaise HK-Nicaragua Canal Development Investment Co. Limited a « par le contrat, primauté de droit par rapport à l’Etat et que l’Etat doit s’aligner sur ses exigences. En cas de conflit il n’y aura plus aucun recours », regrette encore Geneviève Garrigos.

► Le rapport d'Amnesty international sur le canal du Nicaragua

à (re)lire: Nicaragua: un canal chinois en Amérique centrale

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