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A la Une: attaque déjouée contre une base militaire au Venezuela

Capture d'écran du message vidéo d’un groupe de militaires qui assuraient qu’il ne « s’agissait pas d’un coup d’Etat mais d’une action civique et militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel et sauver le pays de la destruction totale ».
Capture d'écran du message vidéo d’un groupe de militaires qui assuraient qu’il ne « s’agissait pas d’un coup d’Etat mais d’une action civique et militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel et sauver le pays de la destruction totale ». ©David Carabobo/Reuters

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Le Venezuela en pleine crise et une attaque contre une base militaire déjouée selon les autorités

Une attaque contre une base militaire à Valencia située à 150 kilomètres à l’ouest de Caracas aurait fait deux morts selon les autorités, plusieurs assaillants seraient en fuite et des armes auraient été dérobées. « Action civique et militaire ou attaque terroriste » se demande El Carabobeño, le journal de la région de Valencia. Celui-ci rapporte dans le détail ce que les habitants ont vécu ce dimanche matin : des tirs à l’aube, un message vidéo d’un groupe de militaires qui assuraient qu’il ne « s’agissait pas d’un coup d’Etat mais d’une action civique et militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel et sauver le pays de la destruction totale ».

El Carabobeño indique que des groupes de manifestants ont aussi été réprimés par la police, des hélicoptères survolant la zone, et dresse un bilan de trois morts, deux dans la base militaire et un parmi les manifestants, précise le journal.
Dimanche dans la journée, le président vénézuélien a félicité les forces armées bolivariennes rapporte Ultimas Noticias. Il assuré que ces attaques « terroristes » ont été perpétrées par des civils payés depuis la Colombie et Miami, « des mercenaires ».

L’opposition demande des comptes au président vénézuélien

La MUD, la coalition de l’opposition, exige que le gouvernement rende des comptes en détail sur l’attaque contre le fort de Paramacay, titre El Nacional Elle dénonce le fait qu’aucune enquête digne de ce nom n’a été diligentée et considère que Maduro et son groupe « s’efforcent surtout d’exercer le pouvoir comme une dictature, ce qui montre la division et la faillite institutionnelle qui existe aussi au sein des Forces Armées ». L’opposition qui demande « d’arrêter cette fuite en avant vers l’abîme dans laquelle Maduro plonge le pays ».

Pour Rocío San Miguel, avocate spécialisée sur l’armée vénézuélienne, cette attaque contre une base militaire n’a été qu’une mise en scène de l’armée, c’est ce qu’elle a confié au journal argentin La Nación. « Lorsqu’on soupçonne qu’un coup d’Etat est en préparation, il est étonnant que la riposte n’ait pas été organisée par une unité militaire. Cela attise les suspicions, c’est pour cela que nous pensons que ces éléments avaient déjà été infiltrés au préalable, plusieurs jours auparavant, et qu’on les a laissés faire, afin d’arriver à ce résultat que s’octroie le gouvernement, par lequel il autorise désormais des persécutions, davantage de répression, aussi bien auprès des civils que des militaires dans le pays. »

Des actions de l’opposition et des pro-gouvernement prévues ce lundi

Ultimas Noticias informe qu’une marche devait être organisée ce lundi à 10 heures du matin par ceux qui soutiennent cette nouvelle assemblée constituante. De son côté, le Parlement (dominé par l’opposition) devait se réunir ce lundi à 10 heures, puis l’après-midi en session extraordinaire, ont révélé les députés de l’opposition qui entendent occuper l’espace alors que l’assemblée constituante siège dans une autre salle depuis le vendredi 4 août, à quelques mètres de là, indiqueEl Nacional.

Lors d’une rencontre pour la défense de la Constitution organisée dimanche, la procureure Luisa Ortega Díaz, ancienne figure du chavisme qui est devenue une des voix les plus critiques du régime de Nicolas Maduro, a appelé les parlementaires « à ne pas céder leur espace », rapporteEl Universal. Elle a assuré qu’elle avait les preuves de la faible participation lors du scrutin du 30 juillet de cette assemblée nationale constituante, illégitime selon elle, et a par ailleurs réitéré qu’elle continuerait à dénoncer les fraudes et les violations à la Constitution.

Réactions sur le continent américain

La Bolivie refuse le retrait du Venezuela du Mercosur prononcé vendredi, indique Los Tiempos. En revanche, le Pérou organise mardi une réunion avec quatorze ministres des Affaires étrangères des pays d’Amérique latine qui s’inquiètent d’une possible dérive de guerre civile. « Il faut adopter des mesures décisives sur le Venezuela » titre El Peruano, et ces mesures reflètent une « réaction collective en Amérique », précise La República. « Ce groupe deviendra un mécanisme permanent de suivi de la situation du Venezuela ».

En Colombie, un policier participant à la mission de l'ONU de désarmement des Farc a été blessé par balles. La guérilla de l'ELN dément toute implication.

Et pour El País de Colombie, c’est bien dans le Cauca qu’il faudrait un accord sur les terres. Car c’est le contrôle des territoires qui se joue dans ce département, un conflit depuis des décennies entre populations indigènes, industriels et entrepreneurs qui a déjà fait plusieurs morts. Face aux grandes étendues de monoculture de canne à sucre, les indigènes dévient par exemple des cours d’eau, rapporte El País… Pour les indigènes, la lutte pour la terre est vitale, car ils n’ont presque plus aucune terre en montagne, et veulent préserver les ressources en eau, « gaspillées par les monocultures intensives » dénoncent-ils. Ils commencent donc à tenter d’en récupérer en descendant vers les vallées. « Rien ne justifie des actes illégaux » vocifère le directeur de l’Agence National des Terres, cité dans El País.

A cette réalité, dans le Cauca s’ajoute le fait que « l’Etat n’a pas occupé les espaces laissés vacants par la guérilla des Farc » pour protéger la population regrette dans les colonnes de Semana, Christian Visnes, le directeur du Conseil norvégien pour les réfugiés en Colombie.

Au Mexique, trois personnes ont été tuées dans une fusillade sur une plage en basse Californie

Une fusillade sur une plage très prisée par les touristes à Los Cabos, s’étonne El Universal. Un groupe armé a fait irruption vers 14 heures sur la plage Palmilla et a tué à bout portant trois hommes et blessé un homme et une femme, ce qui a causé la panique parmi les centaines de touristes et de locaux venus passer le dimanche en famille sur cette plage pourtant certifiée « Blue Flag », donc répondant à tous les critères de sécurité. Au total ce week-end, onze personnes ont été assassinées rien qu’en Basse Californie, sans aucune arrestation.

Selon David Shirk, professeur à l’université de San Diego qui a étudié la guerre contre les narcos, le président mexicain Peña Nieto a sous-estimé la violence et la nature même du problème que vit le Mexique. Dans une interview au New York Times vendredi, reprise ce dimanche par plusieurs sites mexicains dont Sin Embargo, il s’inquiète du fait que le Mexique a atteint le seuil le plus meurtrier de son histoire : plus de 100 000 morts et 30 000 disparus.

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