Mexique / Etats-Unis

[Reportage] Mexique: la révision du traité de l’Alena inquiète les maquiladoras

Des travailleurs dans une maquiladoras à Ciudad Juarez.
Des travailleurs dans une maquiladoras à Ciudad Juarez. © Joe Raedle/Newsmakers via Getty Images

C’est ce mercredi 16 août que démarrent les négociations à Washington pour réviser l’Alena, le traité de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, adopté en 1994. Une remise à plat voulue par le président américain Donald Trump qui dénonce une concurrence déloyale du Mexique et un désastre pour les emplois américains. Il critique en particulier les maquiladoras, ces usines d’assemblage d’appareils électroniques et de voitures situées au Mexique, qui bénéficient d’avantages fiscaux et d’une main-d’œuvre bon marché, et dont 80% de la production est exportée vers les Etats-Unis. Reportage à Ciudad Juarez, un des bastions de ces maquiladoras.

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Ciudad Juarez, un million et demi d’habitants, ville frontière en face d'El Paso aux Etats-Unis. Quelque 323 maquiladoras dont 80% à capitaux américains sont installées ici et génèrent 280 000 emplois, se félicite Maria Teresa Delgado, présidente de l’association des maquiladoras de Ciudad Juarez. Du coup, l'annonce de révision du traité par Donald Trump l'inquiète.

« Cela a généré de l’incertitude, pas seulement ici à la frontière, mais aussi à l’intérieur du pays où il y a des usines d’assemblage. Certains investissements américains ont été mis en stand-by comme ils disent, en attendant de voir ce qui va se passer », dit-elle.

Autre préoccupation : Washington veut que les salaires soient renégociés au Mexique pour que la main-d’œuvre américaine soit plus compétitive. Les salaires sont dix fois moins élevés au Mexique : 8 dollars par jour contre 8 dollars de l'heure aux Etats-Unis.

María travaille dix heures par jour depuis quatre ans, à la chaîne pour assembler des châssis de voiture. « On gagne 130 pesos par jour, 1 000 pesos par semaine, ça fait 52 dollars. C’est presque le seul travail qu’on peut trouver ici, il n’y a que des maquilas. Si nos employeurs savent ce qui se trame avec l’Alena, ils ne nous disent rien, pour ne pas nous faire peur », explique-t-elle.

La présidente de l'association des maquiladoras Maria Teresa Delgado cherche déjà à diversifier ses clients auprès de constructeurs japonais, allemands ou coréens.

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