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Etats-Unis

Etats-Unis: Donald Trump limoge son conseiller stratégique Steve Bannon

Steve Bannon lors d'un meeting à la Trump Tower à New York, le 20 août 2016.
Steve Bannon lors d'un meeting à la Trump Tower à New York, le 20 août 2016. REUTERS/Carlo Allegri
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Le grand ménage se poursuit à la Maison Blanche. Steve Bannon a été limogé vendredi 18 août de son poste de conseiller stratégique du président américain. Il a pu faire office de fusible à Donald Trump. Mais l'agitateur et idéologue est sans doute loin d'avoir dit son dernier mot.

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Avec notre correspondant à Washington,  Grégoire Pourtier

On savait que le franc-tireur Steve Bannon était fragilisé, mais les positions extrémistes affichées par Donald Trump ces derniers jours pouvaient encore ressembler à un retour en grâce. Ce n'était donc visiblement pas le cas.

Il partirait sur un commun accord. Mais c'est un coup de tonnerre, car Steve Bannon, partisan d'une droite dure, c'était l'éminence noire de Donald Trump, le « grand manipulateur », comme il avait été surnommé par ses détracteurs.

On lui avait attribué bon nombre des stratégies les plus agressives à la fin de la campagne présidentielle 2016, puis les politiques les plus nationalistes depuis le retour des républicains au pouvoir à la Maison Blanche.

Ce départ marque la fin d'une époque, puisque toute une frange de la garde rapprochée initiale de Trump a désormais été évincée. Les « centristes » et les « globalistes », comme les appelle Steve Bannon, ont eu raison de lui.

Ce sont eux, les conseillers plus modérés, qui forment désormais la garde rapprochée du président. Paradoxal, au moment où le président Trump affiche publiquement sa sympathie pour la droite dure.

A voir donc comment l'entourage, désormais plus homogène, va pouvoir recentrer le message du président des Etats-Unis, plus controversé que jamais depuis les violences de Charlottesville.

Le président va-t-il alors adoucir son discours ? Il reste imprévisible, voire incontrôlable, et d'aucuns estiment que si Steve Bannon a été mis sur la touche, c'est surtout parce qu'il prenait trop de place.

Bannon soupçonné d'être à l'origine de fuites au sein de la Maison Blanche

On va ainsi observer la réaction de ceux parmi les supporters du président qui épousaient les thèses de M. Bannon. Car ce dernier pourrait être encore davantage un danger à l'extérieur de la Maison Blanche.

Ce vendredi, un journaliste de Breitbart News, l'un des principaux site d'information de l'extrême-droite américaine (alt-right), qu'a dirigé Steve Bannon pendant quatre ans, a tweeté : « War », c'est-à-dire « guerre ».

Or, s'il ne viendra plus passer jusqu'à 16 heures par jour à la Maison Blanche, dès vendredi après-midi, l'ancien conseiller stratégique de Donald Trump a dirigé la conférence éditoriale de Breitbart News.

Mieux : sur la page d'accueil de Breitbart, son retour était célébré sous le titre « héros populiste ». Un article expliquait que M. Bannon avait déjà rencontré un donateur milliardaire pour se préparer à la fameuse « guerre ».

Dans de premières déclarations depuis l'annonce de son départ, l'anti-système Steve Bannon affirme en effet à Bloomberg News qu'il continuera de se battre pour le président américain hors de la Maison Blanche :

« S'il y a la moindre confusion, laissez-moi clarifier les choses : je quitte la Maison Blanche et je pars au combat pour Trump et contre ses opposants au Capitole, dans les médias et dans le monde des affaires. »

Certains estiment cependant que M. Bannon paie surtout le fait d'être à l'origine de plusieurs fuites dans la presse, la hantise actuelle du président. Des articles assassins avaient notamment été publiés par Breitbart News.

Lire aussi : Etats-Unis: l'interview explosive de Bannon, le conseiller de Trump

Mettre Bannon dehors, cela va quand même faire respirer beaucoup mieux, déjà l'establishment républicain, qui avait absolument besoin de cette respiration avant de reprendre la séquence législative en septembre (...) En plus il y aura des élections dans à peine un an aux Etats-Unis

Jean-Eric Branaa, maître de conférences à l'université Paris II et spécialiste des Etats-Unis

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