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Affaire Boeing-Bombardier: le Québec va «résister»

Photo montage d'un Boeing 737 MAX et un Bombardier CS300.
Photo montage d'un Boeing 737 MAX et un Bombardier CS300. REUTERS/Pascal Rossignol/Christinne Muschi
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Rien ne va plus pour Bombardier, le géant québécois de l'aéronautique. Le département américain du Commerce vient d'imposer des droits de douane de 220% sur tout avion CSeries vendu à des compagnies aériennes basées aux États-Unis. Une décision qui remet en cause la commande de 75 avions de 100 à 135 places devant être livrée ce printemps à Delta AirLines. Les gouvernements canadien et québécois, ainsi que plusieurs partis d'opposition, dénoncent la décision prise par le ministère américain du Commerce. Le différend commercial entre Boeing et Bombardier a inspiré au Premier ministre québécois une déclaration incendiaire et promet : le Québec va « résister ».

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Avec notre correspondante au Québec, Pascale Guéricolas

Le différend commercial entre Boeing et Bombardier a inspiré au Premier ministre québécois une déclaration incendiaire . « Le Québec a été attaqué », a déclaré Philippe Couillard qui a poursuivi en disant: « Boeing a peut-être gagné une bataille, mais croyez-moi, la guerre est loin d'être finie ».

Il faut dire que le gouvernement québécois a investi 1 milliard de dollars dans la division CSeries de Bombardier. Un avion particulièrement adapté aux liaisons fréquentes entre de petites villes américaines, car il s'agit d'appareils d'une centaine de places.

Même si Boeing ne dispose pas de produits semblables, le constructeur refuse de voir son concurrent occuper le marché. Voilà pourquoi il accuse Bombardier de dumping, sachant qu'il faudra sans doute plus de deux ans pour que les tribunaux internationaux tranchent la question.

Or sans les commandes américaines, le CSeries, qui démarre sa carrière, risque de ne jamais prendre son envol. Ce qui pourrait priver d'emplois des dizaines de milliers de salariés au Canada. Conscient du problème, le Premier ministre du Canada menace indirectement Boeing. Son gouvernement pourrait ne jamais acheter les 18 avions de combat du constructeur américain.

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