Revue de presse des Amériques

A la Une: primaire en Alabama, une «révolution» pour le parti républicain?

Des partisans du candidat républicain Roy Moore, lors de la primaire sénatoriale organisée dans l'Alabama, le 26 septembre 2017.
Des partisans du candidat républicain Roy Moore, lors de la primaire sénatoriale organisée dans l'Alabama, le 26 septembre 2017. REUTERS/Marvin Gentry
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C’est un revers pour Donald Trump. Les électeurs républicains de l’Alabama ont boudé son candidat, mardi, lors d’une primaire sénatoriale de son parti, le parti républicain. Le président américain avait appelé à voter Luther Strange. Mais c’est Roy Moore qui l’a emporté.

La presse américaine revient sur cet échec pour Donald Trump, mais surtout pour la direction du « Grand Old Party ». Le New York Times rappelle que c’est la première fois depuis 2010 qu’un sénateur sortant perd, alors qu’il a le soutien actif de la Maison Blanche. Pire, écrit le Washington Post, cet appui de Donald Trump ne semble avoir eu « aucun impact positif sur cette candidature », dans un Etat - l’Alabama -, qui pourtant « adore Trump ».

Œil au beurre noir

Toutefois, pour le président « la victoire de Moore n’est pas une blessure politique durable, croit savoir The Hill. Mais c’est un œil au beurre noir qu’il aurait préféré éviter ». D’ailleurs, ajoute le journal en ligne, tous les tweets de Donald Trump soutenant Luther Strange ont depuis été effacés.

Mais le plus grand perdant, ce n’est pas le président Trump. Toujours selon The Hill, c’est plutôt Mitch McConnell, le chef de la majorité sénatoriale, déjà très impopulaire. C’est une grande victoire au contraire pour Steve Bannon, l’ancien conseiller du président, qui avait soutenu Roy Moore et qui prédit aujourd’hui une « révolution au sein du parti républicain ». Son média en ligne, le controversé Breitbart, publie d’ailleurs une photo de Steve Bannon, hilare, devant le tweet de Donald Trump félicitant le vainqueur.

Mauvais exemple

La personnalité de Roy Moore pourrait donner des sueurs froides aux républicains. Parmi ses déclarations antérieures, rappelle The Hill, Roy Moore a soutenu que l’homosexualité devrait être illégale, a laissé entendre que l’ancien président Obama n’était pas né aux États-Unis ou que certaines parties de l’Indiana et de l’Illinois étaient soumises à la « charia islamique ». Le Washington Post détaille aussi longuement ce mercredi son interprétation controversée de la Bible.

Beaucoup de ses futurs collègues du parti républicain n’apprécieront pas l’idée d’être obligés de réagir à ses prises de position, pensent aujourd’hui les principaux journaux américains. Le New York Times ajoute que cette victoire pourrait donner des idées à d’autres conservateurs, qui n’hésiteront plus à s’opposer aux républicains en place lors des élections de mi-mandat l’année prochaine. « Un essaim de challengers pleins d’énergie », écrit le Washington Post, qui prévoit aussi au sein du parti « une ruée vers les départs à la retraite dans les mois à venir ».

La détresse de Porto Rico

Un mot maintenant de cette polémique autour du manque d’aide américaine reçu par Porto Rico. « Pourquoi une semaine après l’ouragan Maria, n’est-elle toujours pas arrivée sur l’île ? », accuse le Miami Herald. Plus de 3 millions de personnes manquent d’eau, de nourriture, d’électricité, d’essence, d’équipements médicaux, et, selon le journal, « Washington porte une énorme responsabilité dans cette crise ».

L’éditorialiste n’hésite pas à parler de « revanche politique ». Car en 2016, lors de la présidentielle, « Hillary Clinton a remporté, selon les sondages, 72 % des voix des Portoricains du centre de la Floride ». L’ouragan Maria, poursuit la journaliste, c’est « le Katrina de Trump. Il a montré le même niveau d’inefficacité que George W. Bush [à l’époque] face aux destructions à la Nouvelle-Orléans ».

L’opposition vénézuélienne dit non

Au Venezuela, l’opposition refuse de participer à de nouvelles discussions prévues ce mercredi en République dominicaine, pour tenter de renouer le dialogue avec le gouvernement Maduro. « L’environnement n’est pas propice », écrit la MUD au président dominicain, qui se pose en médiateur. Tal Cual interroge un député de l’opposition, qui « n’exclut pas de renouer le dialogue, une fois les conditions remplies », à savoir, la libération des prisonniers politiques, un calendrier électoral clair et le respect de l’Assemblée nationale, dominée par l’opposition. En réalité, ce qu’explique ce député, c’est que l’opposition ne veut pas voir le gouvernement tirer profit de ces tentatives de dialogue juste avant les régionales, dans un peu plus de deux semaines.

Ultimas Noticias, journal proche du pouvoir, rapporte lui les propos de Delcy Rodriguez, la présidente de l’Assemblée nationale constituante. Elle assure que les récentes sanctions économiques imposées par le Canada et les États-Unis visent à « saper le processus de dialogue ». Elle souligne que l’opposition refuse de se joindre aux discussions, le jour même où Donald Trump demande à l’Union européenne des sanctions contre le Venezuela. Et selon Delcy Rodriguez, cela n’est pas une coïncidence : l’opposition de droite obéit aux ordres de « l’impérialisme américain ».

Le Tchad mérite-t-il d’être inclus dans le « travel ban » ?

Cet article du New York Times, pour finir. La politique migratoire de Donald Trump peut-elle nuire aux intérêts des États-Unis ? C’est la conclusion de plusieurs membres du Pentagone et du Département d’État, qui s’étaient clairement opposés, selon le journal, à l’inclusion du Tchad dans le fameux « travel ban » de Donald Trump.

Ce pays, écrit le New York Times, constitue pourtant « l’un des alliés les plus fiables des États-Unis dans la lutte antiterroriste en Afrique ». Le conseiller à la Sécurité nationale du président reconnaît ces désaccords et indique que Washington pourrait revenir sur cette décision. « Peut-être dans quelques mois », avance-t-il, le temps de régler un problème de « partage d’informations » entre le Tchad et les États-Unis.

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