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Venezuela

Venezuela: le prix Sakharov, une bouée pour une opposition qui part à vau-l'eau

Les leaders de l'opposition vénézuélienne à Caracas après leur défaite aux élections régionales, le 15 octobre 2017.
Les leaders de l'opposition vénézuélienne à Caracas après leur défaite aux élections régionales, le 15 octobre 2017. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le Parlement européen a décerné, jeudi 26 octobre 2017, le prix Sakharov 2017 « pour la liberté de l'esprit » à la fois à l'Assemblée nationale vénézuélienne, dominée par l'opposition depuis les législatives de 2015 mais contournée par une Constituante depuis cet été, ainsi qu'à des « prisonniers politiques », par exemple Leopoldo Lopez, dirigeant du parti Volonté populaire en résidence surveillée. Comment l'opposition réagit-elle à l'annonce de ce prix ?

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Avec notre correspondant à Caracas,  Julien Gonzalez

Avec ce prix, qui rend hommage cette année l'opposition vénézuélienne, le Parlement de Strasbourg précise qu'il veut « exprimer sa proximité avec le peuple vénézuélien et lui rendre hommage ».

Dans la capitale, plusieurs dirigeants de l'opposition ont remercié les parlementaires européens. Parmi eux, la députée Delsa Solorzano, qui voit dans cette récompense « la reconnaissance d'un combat pour la liberté » :

« Quand un prix comme celui-ci est remis à toute l'opposition, à son Parlement et à ses prisonniers politiques, cela démontre clairement qu'il n'y a pas de démocratie au Venezuela. Donc, ce prix Sakharov vient nous encourager mais il sert aussi de pression politique contre un régime dictatorial sanglant. »

Capriles menace de claquer la porte de la coalition MUD

L'opposition est récompensée, mais elle est aussi divisée. Quatre des cinq seuls gouverneurs de la coalition d'opposition MUD (Table de l'unité démocratique) élus lors des dernières régionales ont prêté serment devant la Constituante.

En reconnaissant cette assemblée exclusivement constituée de partisans du président Nicolas Maduro, et concurrente de l'Assemblée nationale dominée par les leurs, ils ont mis le feu aux poudres. Depuis, l'opposition se fissure.

Certaines figures dénoncent une « trahison ». C'est le cas de l'ex-candidat de l'opposition lors des deux dernières présidentielles, Henrique Capriles. Il menace de claquer la porte de la coalition MUD à cause d'un autre leader.

« Aider ceux qui se sont perdus à retrouver le Nord »

Par ailleurs, d'autres dirigeants en appellent à refonder une nouvelle alliance basée sur une nouvelle stratégie. Alors, pour la députée Delsa Solorzano, ce prix arrive au meilleur moment afin d'aider à retrouver une unité :

« Nous sommes différents au sein de l'opposition ; il y a des gens de gauche, de droite, du centre. Alors effectivement, en ce moment, il y a des divisions au sein de notre coalition et elles ont été vraiment très bruyantes. »

« Moi, ajoute l'élue, je veux envoyer un appel au calme. L'opposition va se recomposer. Et ce prix, non seulement, nous montre le chemin, mais il doit aussi aider ceux qui se sont perdus à retrouver le Nord. »

Quid du cinquième gouverneur issu de l'opposition ?

De son côté, le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Jorge Alberto Arreaza Monserrat, a dénoncé la décision du Parlement européen, qui selon lui « tombe le masque en soutenant une opposition violente ».

A noter que le cinquième gouverneur élu de l'opposition a refusé de prêter serment. Son poste, dans l'Etat de Zulia (nord-ouest), a été déclaré « vacant » jeudi. La Constituante a approuvé de nouvelles élections sur place en décembre.

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