La revue de presse des Amériques

A la Une: «Carnage à New York»

Parmi les victimes, 5 Argentins, des architectes, en majorité, et des chefs d'entreprises de 48 et 49 ans, venus à New York pour fêter les 30 ans de leur diplôme.
Parmi les victimes, 5 Argentins, des architectes, en majorité, et des chefs d'entreprises de 48 et 49 ans, venus à New York pour fêter les 30 ans de leur diplôme. ©REUTERS/Brendan McDermid

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L'attentat au camion bélier de mardi soir, à New York, fait bien sûr la Une de la presse du continent américain. Toujours la même photo en Une : l'image du pick-up accidenté et du périmètre de sécurité établi par la police. « Carnage terroriste à New York » : c'est le titre qui barre la Une du Wall Street Journal, « c'est un mode opératoire établi à des océans d'ici, qui arrive maintenant aux Etats-Unis ».
« Ce recours à la terreur « à la tonne » - bon marché et facile à exécuter - est un hommage paradoxalement aux systèmes de protection sophistiqués [mis en place ces dernières années] qui ont privé les extrémistes de nombreuses armes conventionnelles (...) dont ils bénéficiaient au tournant du siècle ». « La défaite de l'Etat islamique sur les champs de bataille de Mossoul et de Raqqa doit être suivie, pense le journal, d'une victoire sur le terrain difficile du cyberespace. (...) L'attaque de New York souligne ce que nous avons toujours su: il s'agit d'une guerre qui sera menée non pas par une génération, mais par les générations actuelles et futures ».

L’Argentine deuil

Cinq Argentins font partie des victimes de l’attentat de New York. Cinq amis, nous raconte La Nación : des architectes, en majorité, et des chefs d'entreprises de 48 et 49 ans, qui avaient cimenté cette amitié, écrit le journal argentin, à l'Institut Polytechnique de Rosario, la troisième ville d'Argentine. Ils faisaient partie d'un groupe de dix anciens étudiants de la promo 87, partis célébrer les 30 ans de leur diplôme à New York.

Le pick-up a surgi alors qu'ils circulaient à vélo, côte à côte, par groupe de deux, sur cette piste cyclable. « Ceux qui se trouvaient près de la route ont été fauchés et sont décédés, écrit Clarin, tandis que ceux qui se trouvaient de l'autre côté sont tombés dans l'herbe » : cinq morts et un blessé, hors de danger désormais. Les survivants sont en état de choc, confie le consul argentin au journal.

Trois jours de deuil ont été décrétés à Rosario, peut-on lire en Une de La Capital, le journal de la ville. Les drapeaux ont aussi été mis en berne. « Cet attentat nous remplit de tristesse et de consternation, déclare la maire Monica Fein. C'est tout Rosario qui est en deuil ».

Honduras : inquiétude autour du TPS

C'est dans ce contexte, au Honduras, que le TPS fait la une. Ce statut de protection temporaire permet aux Honduriens de s'installer aux Etats Unis légalement, ou encore d'obtenir un permis de travail. Il a été mis en place après l'ouragan Mitch en 98 et renouvelé, depuis, chaque année. Washington doit prendre une décision à nouveau le 5 novembre prochain. La Prensa explique que le département d'Etat américain décidera, en même temps, pour les 3 pays d'Amérique centrale qui en bénéficient : le Honduras, donc, mais aussi le Nicaragua et le Salvador. Plus de 260 000 personnes utilisent ce statut spécial.

L'un des scénarios, explique un expert interrogé par El Heraldo, serait que les Etats-Unis prolongent le TPS non pas de 18 mais de 12 mois. Et ce serait l'idéal, selon lui, car la prochaine échéance tomberait alors en pleine élection de mi-mandat, un contexte « plutôt favorable aux mesures en faveur des migrants », croit savoir cet expert.

Un crime d’Etat ?

Autre information à propos du Honduras: ce rapport sur l'assassinat de Berta Caceres, une activiste de 45 ans abattue l'année dernière. Elle s'opposait à la construction d'un barrage hydroélectrique sur des terres indigènes. Selon le GAIPE, un groupe d'avocats internationaux, des agents de l'Etat et des dirigeants de la compagnie énergétique Desarollos Energeticos sont impliqués dans ce meurtre.

El Heraldo informe explique que « ce rapport se base sur des dizaines d'entretiens, des archives judiciaires, des rapports indépendants et sur un accès partiel à l'enquête du gouvernement ». Des allégations rejetées par la cheffe de l'Association du Honduras pour les Energies renouvelables. Elle estime que ce rapport de 92 pages vise à influencer les élections générales du 26 novembre.

La fille de Berta Caceres est candidate au Congrès; elle a elle-même été victime d'une tentative d'assassinat au mois de juin. « Le groupe d'experts a rejeté tout contact officiel avec les autorités gouvernementales pour mener son enquête, écrit le site d'information mexicain Etcetera, ce qui, selon des experts et des analystes (...) donne le sentiment que ce rapport a pour but d'aider l'opposition à discréditer le processus électoral ».

Equateur : le président Lenín Moreno évincé de son parti

Pour La Hora, c'est « un signe de fracture irréversible, au sein du parti au pouvoir » : Alliance Pays se déchire entre les partisans du chef de l'Etat et ceux de Rafael Correa, l'ancien président. Hier soir, le parti au pouvoir a décrit Lenín Moreno comme « un ennemi de la révolution citoyenne », et a nommé à la place Ricardo Patiño, l'ancien ministre des Affaires étrangères. C'est un disciple de l'ancien président Rafael Correa, qu'il appelle justement à rentrer au pays. Selon Patiño, il serait prêt à le faire dans les prochaines semaines. L'ex-chef de l'Etat se trouve actuellement en Belgique, avec sa famille rappelle El Comercio qui publie la vidéo de la conférence de presse du parti au pouvoir

Mexique : l’amour donne des ailes

Elle est reprise par une bonne partie de la presse en Amérique du Sud, au Mexique notamment par El Debate. L'histoire d'un prisonnier qui s'est servi de son histoire d'amour avec la sous-directrice de sa prison pour s'enfuir. Ça se passe à Tepeaca, dans l'Etat de Puebla, dans le centre du Mexique. Le directeur de la prison a été séquestré et la sous-directrice en question s'est arrangée pour laisser la garde de l'entrée principale à un jeune qui effectuait son premier jour de service. On lui a demandé de laisser la porte ouverte quelques minutes. Résultat : les deux détenus en ont profité pour prendre la poudre d'escampette par l'entrée principale, sans violence. La sous-directrice a été incarcérée. Mais l'élu de son cœur, lui, court toujours.

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