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Mexique

Mexique: le nouveau système pénal accusatoire fait débat

La prison de Las Cruces à Acapulco, dans l'Etat de Guerrero.
La prison de Las Cruces à Acapulco, dans l'Etat de Guerrero. PEDRO PARDO / AFP
Texte par : Patrick John Buffe
3 mn

Depuis 2015, le Mexique connaît un nouveau système pénal accusatoire, calqué sur celui des Etats-Unis. Mais depuis son entrée en vigueur, il fait l’objet de vives critiques, car il a déjà permis la libération de milliers de prisonniers. Une situation plutôt paradoxale dans un pays qui n’arrive pas à endiguer la violence.

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De notre correspondant à Mexico,

Cette réforme du système pénal a conduit à une réduction du nombre des délits graves, de ceux qui entraînent obligatoirement une détention provisoire. Ce qui a eu deux effets : d’une part, il y a moins de personnes placées en prison préventive après leur arrestation ; d’autre part, les détenus qui ont commis un délit qui n’est plus considéré comme grave peuvent désormais demander leur libération provisoire. Ce qui permet aux uns et aux autres de suivre leur procès en liberté.

Mais là où le bât blesse, c’est que des délits comme le port d’arme d’usage exclusif de l’armée n’est plus un délit grave. En conséquence de quoi, des délinquants arrêtés en possession d’un fusil d’assaut, comme les Kalachnikov qu’utilisent les narcotrafiquants, ne sont plus emprisonnés durant la durée de leur procès.

D’où les craintes exprimées par de nombreux secteurs de la société, car ils considèrent que ce nouveau système pénal permet de laisser en liberté des criminels qui peuvent en profiter pour récidiver. Ce week-end encore, le maire de Mexico a lancé à nouveau un cri d’alarme, car depuis 2015, 11 000 détenus sont sortis des prisons de la capitale. Ce qui, à ses dires, a provoqué une augmentation de l’insécurité.

Désengorgement des prisons

Mais ce nouveau système pénal a néanmoins l’avantage de désengorger les prisons mexicaines. Et c’est d’ailleurs l’un des buts de ce système qui semble faire ses preuves, puisqu’on assiste à une diminution de la surpopulation que connaissent la plupart des prisons du Mexique.

C’est le cas notamment dans la capitale où, selon les autorités, le nombre de détenus a diminué de 26%, passant en deux ans de 39 000 à 28 000. De sorte qu’aujourd’hui, dix des treize prisons de Mexico ne connaissent plus de surpopulation carcérale. Un phénomène qui devrait s’étendre à l’ensemble du pays.

Ajustements

Face à ces progrès, ceux qui dénoncent les défauts de ce système ne demandent pas un retour à l’ancien système pénal inquisitoire. Ce qu’ils veulent en revanche, ce sont des ajustements. Notamment que certains délits soient à nouveau considérés comme graves, comme le port illégal d’arme ou le vol avec violence.

Et que ceux qui sont chargés de mettre en œuvre ce système accusatoire soient mieux formés, qu’ils soient mieux préparés, pour éviter qu’ils libèrent ou qu’ils laissent en liberté des délinquants qui devraient être en prison en raison de leur caractère dangereux.

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