Argentine

Sous-marin disparu: l’Argentine entre inquiétude et pessimisme

Une bannière en soutien aux 44 marins du San Juan, sur la base navale de Mar del Plata, le 22 novembre 2017.
Une bannière en soutien aux 44 marins du San Juan, sur la base navale de Mar del Plata, le 22 novembre 2017. REUTERS/Marcos Brindicci

Les recherches pour retrouver le sous-marin argentin disparu depuis une semaine dans l'océan Atlantique n'ont toujours pas abouti. Cependant, un bruit sous-marin enregistré trois heures avant la dernière communication du San Juan inquiète les autorités. Dans une insoutenable attente, les proches sont rassemblés sur une base navale à 400 km au sud de Buenos Aires.

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Pendant que les familles attendent un miracle sur la base navale de Mar del Plata, beaucoup, y compris dans la marine, ne croient plus au retour du sous-marin San Juan, qui avait signalé une avarie avant sa dernière communication.

Les 44 marins sont entrés « dans une phase critique » si le San Juan est en immersion, et pourraient manquer d'oxygène, les réserves étant en théorie épuisées en sept jours.

De plus, un bruit anormal a été enregistré, trois heures après la dernière communication du sous-marin argentin, à proximité de sa dernière position connue, a annoncé mercredi le porte-parole de la Marine argentine, refusant d'évoquer une explosion.

« Nous avons été informés d'un indice officiel, du mercredi 15 novembre à 11 h, dans la zone d'opération du sous-marin : une anomalie hydro-acoustique. C'est un bruit qu'il faut analyser », a déclaré lors d'un point-presse le capitaine Enrique Balbi sur ce drame qui touche 44 marins et leurs familles, désormais suivi heure par heure par les médias argentins.

Hier, nous avons reçu cette information des Etats-Unis, qui nous permet aujourd’hui de confirmer une anomalie hydro-acoustique, comme le précisait le rapport américain. On parle là d’un évènement anormal, singulier, bref, violent, non nucléaire, similaire à une explosion. Les deux rapports donnent presque les mêmes coordonnées et la même zone. On parle là d’une zone de 150 kilomètres de diamètre où nous allons continuer nos recherches jusqu’à ce qu’on obtienne un contact qui nous confirme que le sous-marin est bien dans cette zone. Malheureusement, nous n’avons pas d’informations sur les raisons qui ont pu causer, à cet endroit, à cette date, un évènement avec ce type de caractéristiques. Nous ne connaissons pas la cause. Nous avons la position et nous savons ce qu’il s’est produit, mais pas la raison pour laquelle cela s’est produit. 

Enrique Baldi confirme que les analyses réalisées en Autriche indiquent que «l'anomalie hydro-acoustique enregistrée» correspond à une explosion

Selon un ancien commandant de sous-marin, « après une explosion comme celle qui a probablement  eu lieu, c'est très difficile qu'il y ait des survivants à bord ». Un journal argentin, La Nacion, a avancé la thèse que l'explosion aurait été la conséquence d'un court-circuit dans le bloc des 960 batteries qui alimente en énergie le submersible.

La presse reproche à l'armée un manque d’informations et une mobilisation tardive pour rechercher le sous-marin. Le gouvernement, y compris le ministre de la Défense, considère que l'état-major a perdu 48 heures avant d'entamer les recherches.

La zone de recherche a été considérablement réduite, mais plus de 4 000 personnes restent mobilisées sur un total de quatorze navires et dix avions, avec l'aide de Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France, du Brésil et du Chili. La Russie a annoncé à son tour qu'elle envoyait un navire océanographique.

Le drame redouté n'émeut pas outre mesure les Argentins, loin d'être en communion avec leurs forces armées, dont le rôle pendant la dictature a laissé des traces.

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