Etats-Unis/Turquie

Milices kurdes en Syrie: Ankara veut que Trump «tienne parole»

Membres des milices kurdes YPG à Qamichli en Syrie le 22 avril 2016.
Membres des milices kurdes YPG à Qamichli en Syrie le 22 avril 2016. REUTERS/Rodi Said/File Photo

Après plusieurs mois de tensions diplomatiques entre les Etats-Unis et la Turquie, le président Donald Trump a annoncé vendredi à son homologue turc une nouvelle qui ne peut que le réjouir : l’arrêt de la livraison d’armes aux milices kurdes de Syrie. Mais les propos tenus par téléphone manquaient visiblement de précision puisque la Maison Blanche a dû publier un communiqué relativisant un peu la décision en parlant « d’ajustements concernant le soutien militaire » à ces milices qui jouent un rôle essentiel dans la lutte contre Daech. Et ce samedi, Ankara a réclamé que Trump « tienne parole » sur cette question essentielle dans les relations entre les deux pays.

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Avec notre correspondant à New YorkGrégoire Pourtier

Malgré le recul de l’organisation Etat islamique en Syrie, le Pentagone et le département d’Etat ont été pris au dépourvu par l’annonce de Donald Trump d’arrêter l’armement des milices kurdes YPG. Considérant ces dernières comme « terroristes », la Turquie insiste, elle, pour que Washington ne fasse pas machine arrière.

Depuis le début, cette initiative américaine d’appuyer ces milices est contestée par Ankara, qui craint l’essor d’une force kurde transnationale dans la région et la dissémination des armes vers la branche turque, le PKK, contre laquelle elle lutte activement.

Classant aussi le PKK comme groupe terroriste, les Etats-Unis assurent contrôler l’utilisation des équipements qu’ils fournissent. Sur le terrain, cette stratégie d’armement des milices syrienne a porté ses fruits face au groupe EI.

Alors que la bataille militaire semble en passe d’être gagnée, ce geste de Trump pourrait permettre d’apaiser les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, minées ces derniers mois par une série d’événements.

Une bataille rangée entre opposants et forces de sécurité turcs avait eu lieu en mai à Washington ; un ancien proche de Trump est embrouillé par ses liens ambigus avec Ankara. Et surtout, le régime du président Erdogan réclame, sans succès, l’extradition d’un prédicateur qu’elle soupçonne d’avoir fomenté le coup d’État avorté l’an passé.

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