Pérou / Climat

Un paysan péruvien porte plainte en Allemagne contre un géant de l’énergie

Le paysan péruvien et guide de montagne Saul Luciano Lliuya (d) aux côtés de son avocate Roda Verheyen après l'acceptation par la justice allemande de se pencher sur sa plainte. Hamm, en Allemagne, le 13 novembre 2017.
Le paysan péruvien et guide de montagne Saul Luciano Lliuya (d) aux côtés de son avocate Roda Verheyen après l'acceptation par la justice allemande de se pencher sur sa plainte. Hamm, en Allemagne, le 13 novembre 2017. REUTERS/Wolfgang Rattay

C'est le pot de terre contre le pot de fer. Saul Luciano Lliuya, agriculteur péruvien, attaque en justice le géant énergétique allemand RWE. Il accuse l'entreprise, dont les centrales sont situées à 10 000 km de chez lui, de contribuer au réchauffement climatique mondial et donc d'être en partie responsable de la fonte des glaciers dans les Andes. La justice doit confirmer en appel jeudi 30 novembre si la plainte est recevable. Une décision qui pourrait conduire les entreprises les plus polluantes à devoir dédommager les victimes du réchauffement climatique.

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Saul Luciano Lliuya cultive pommes de terre et quinoa à 3 800 mètres d'altitude. Au-dessus de son village, un glacier fond à vue d'œil et alimente un lac dont le volume d'eau a été multiplié par 40 en seulement une trentaine d'années.

« Si le lac déborde, ça va détruire les cultures, les maisons, mais aussi de nombreuses infrastructures plus bas dans la vallée, et la ville de Huaraz qui compte 50 000 habitants. Et quand les glaciers auront disparu, nous manquerons d'eau. Tout cela, c'est à cause du changement climatique », explique-t-il.

Un changement climatique fortement accentué par les gaz à effet de serre. Et l'un des plus gros émetteurs dans le monde c'est le géant industriel allemand RVE qui fait tourner ses centrales au charbon.

Saul Luciano Liuya l'attaque donc en justice, aidé par l'ONG Germanwatch, dont fait partie Noah Walker-Crawford : « Selon une étude, RVE contribue à hauteur d'un demi-pour cent des émissions mondiales de CO2, donc l'argument c'est de dire qu'ils devraient payer un demi-pour cent du coût de la sécurisation de ce lac glaciaire. Le gouvernement péruvien prévoit de construire une digue qui coûtera un peu plus de 4 millions d'euros. Donc un demi-pour cent, ça correspond à environ 70 000 euros de contribution pour ce projet ».

Cette procédure exemplaire vise à créer un précédent en matière de justice climatique. Et à faire pression sur les industriels.

(Re) lire : Chine: Wang Enlin, le paysan qui défie un géant de l'industrie chimique

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