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Venezuela

Venezuela: l'opposition demeure dispersée à l'approche des municipales

Le leader d'opposition Henrique Capriles, le 15 octobre dernier à Caracas lors des élections régionales au Venezuela.
Le leader d'opposition Henrique Capriles, le 15 octobre dernier à Caracas lors des élections régionales au Venezuela. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Au Venezuela, les élections municipales se tiendront le 10 décembre prochain. Près de 20 millions d'électeurs seront appelés aux urnes ; 335 mairies sont en jeu. Lors des dernières municipales, en 2013, le camp Maduro l'avait largement emporté avec environ les trois quarts des mairies - soit près de 250 municipalités chavistes. L'opposition, elle, avait gagné dans 80 mairies environ, notamment dans 5 des principales villes du pays dont Caracas. Mais cette fois-ci, le scrutin est boycotté par la MUD, une coalition qui rassemble les principaux partis d'opposition. Les conditions électorales pour « une élection libre, démocratique et transparente » ne sont pas réunies selon eux.

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Avec notre correspondant à CaracasJulien Gonzalez

Pour les trois grands partis d'opposition, pas question de participer aux prochaines municipales après les élections régionales d'octobre, considérées par l'opposition comme la « pire des fraudes ». Un choix revendiqué notamment par Henrique Capriles, l'ex-candidat de l'opposition lors des 2 dernières présidentielles. Pour lui, le boycott des municipales est un sacrifice nécessaire.

« Bien sûr que c'est un choix difficile de ne pas participer aux municipales, j'ai moi-même été maire, mais je suis convaincu que l'avenir du pays est plus important qu'une mairie. La seule solution à la crise passe par une élection présidentielle démocratique et transparente et nous allons nous battre pour obtenir ces conditions ! Aujourd'hui, la figure du maire est affaiblie à cause du gouvernement : un maire ne peut pas résoudre le problème de la pénurie de nourriture et de médicaments ou de l'insécurité. Donc c'est pour cela que nous avons décidé de concentrer tous nos efforts pour la présidentielle parce que c'est l'élection qui va être décisive pour le futur du Venezuela », explique-t-il.

Les candidats de l'opposition seront exclus de leur parti

Les 3 principales formations ont été très claires : tout candidat aux municipales issus de leurs rangs sera exclu. Un choix et une conséquence qu'a bien voulu assumer Gustavo Duque. Selon l'actuel maire d'opposition de Chacao, l'une des 5 municipalités de Caracas, il ne faut surtout pas perdre du terrain face au camp Maduro.

« J'ai dû malheureusement quitter mon parti pour ne pas entrer en contradiction avec sa ligne majoritaire. Obtenir de meilleures conditions électorales pour la présidentielle, c'est un combat noble et très compliqué et je respecte cette décision mais en ce moment j'estime qu'il faut se battre de l'intérieur, dans les espaces que nous dominons. Quand j'ai vu qu'il existait le risque que cette municipalité tombe aux mains du gouvernement, je me suis lancé pour défendre les résidents de cette municipalité », estime-t-il.

Certains partis d'opposition participent

D'autres partis, de plus faible importance au sein de la MUD, comme Un Nuevo Tiempo ont au contraire fait le choix de participer. Vicente Bello, membre de la direction de ce parti, rappelle notamment que l'opposition avait déjà boycotté un scrutin en 2005, des élections législatives, et les conséquences avaient été selon ses mots « catastrophiques ». Alors pour lui, les partis qui ne participent pas aux municipales font une erreur.

« Contre un gouvernement autoritaire comme au Venezuela, participer à une élection est un moyen de lutte pertinent ! C'est une erreur de résumer toute la politique au choix d'un candidat à la présidentielle dont on ne connaît pas la date, parce qu'en attendant, on fait quoi ? Il faut que chaque parti fasse ce qu'il croit bon pour le pays et on verra les résultats de chacun. Il est important que le peuple voit quelles sont les propositions qui conduisent à une sortie de crise et celles qui ne mènent à rien ! », plaide-t-il.

Absence d'une vraie direction au sein de la MUD

Face au constat d'une opposition divisée, le politologue Luis Salamanca souligne la lutte interne au sein de la coalition pour savoir quel est le parti le plus fort. La raison selon lui de la division est l'absence d'une vraie direction au sein de la MUD. Pour autant, il considère que ces deux fronts ne sont séparés que momentanément.

« Avec ces municipales, l'opposition va perdre du terrain, elle laisse ses électeurs orphelins et elle transmet une image de confusion. Mais il faut cependant relativiser car les municipales au Venezuela sont les élections avec le plus fort taux d'abstention. Je ne crois pas que la MUD soit fracturée : la situation n'est pas insurmontable, l'opposition va se recomposer, aidée par la présidentielle. Parce que le risque de voir Nicolas Maduro réélu va forcer l'opposition à se réorganiser. Sinon, c'en sera fini pour la MUD ».

Des divisions que Nicolas Maduro ne manque pas de railler. Rassemblant ses troupes pour « gagner les 335 mairies », il n'a cependant pas hésité à multiplier les avertissements à ses adversaires, menaçant de prison « tous ceux qui prétendront attaquer le système électoral en décembre ».

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