Costa Rica

Costa Rica: une campagne électorale marquée par le mariage gay et le Trump local

Les candidats à l'élection présidentielle du Costa Rica participent au dernier débat télévisé avant le scrutin, le 1er février 2018.
Les candidats à l'élection présidentielle du Costa Rica participent au dernier débat télévisé avant le scrutin, le 1er février 2018. REUTERS/Juan Carlos Ulate

Les Costariciens sont appelés à voter ce dimanche dans le cadre d’élections générales et présidentielles. Parmi les treize candidats en lice pour succéder au centriste Luis Guillermo Solis, quatre font figure de favoris dans un scrutin qualifié d’imprévisible par de nombreux experts. À quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, 36% des personnes inscrites sur les listes déclarent ne pas savoir pour qui elles voteront après une campagne marquée par le thème du mariage homosexuel et par «Trumpitico», un candidat surnommé à l’image du président américain grâce à ses phrases choc.

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Surnommé la Suisse de l’Amérique centrale, le Costa Rica est de loin le pays le plus stable de la région, tant politiquement qu’économiquement. Un pays souvent présenté comme un exemple en matière d’énergie renouvelable.

Mais c’est une toute autre thématique qui agite la campagne pour l’élection présidentielle. Le 9 janvier dernier : la Cour interaméricaine des droits de l’homme exhortait les pays de la région à reconnaître le mariage gay. Une décision non-contraignante, mais une décision qui met tout de même la pression pour la mise en place de législation locale.

Cette décision a placé ce thème au cœur des débats dans ce pays très conservateur et très pieux selon des experts locaux. Ce qui a permis à Fabricio Alvarado, député sortant et pasteur, candidat à la présidentielle, de se détacher dans les sondages avec près de 17% d’intentions de vote. Totalement opposé au mariage entre personnes du même sexe, il menace même de retirer son pays de l’Organisation des Etats américlains (OEA) en cas de victoire.

Derrière lui, on retrouve le social-démocrate Antonio Alvarez et l’ancien ministre du parti au pouvoir Carlos Alvarado respectivement avec 12 et 10% d’intentions de vote. Si aucun de ces candidats ne parvient à obtenir 40% de voix ce dimanche, un second tour sera organisé le 1er avril, comme ce fut le cas en 2014 lors de l’élection de Luis Guillermo Solis.

«Trumpitico», le Trump costaricien brigue sa place

Parmi les autres candidats au poste, Juan Diego Castro a fait une campagne très remarquée. Figure médiatique en tant qu'avocat pénaliste, il séduit de nombreux électeurs et brigue la présidence pour la première fois sous les couleurs du parti conservateur : Intégration nationale. Souvent taxé de populiste, il a placé la lutte contre la délinquance et la corruption au cœur de sa campagne.

« Ce monsieur sait que le Costa Rica a besoin de beaucoup de changements, lance Lady Mora, conquise. Et malheureusement, la majorité des hommes politiques des partis traditionnels sont corrompus, ils ont volé le peuple. On est fatigué de tout cela. »

Son verbe fort, ses accusations infondées et son recours aux fake news lui ont valu le surnom de « Trumpitico », le mini trump costaricien. Et comme le président des Etats-Unis avec CNN, Juan Diego Castro est parti en guerre contre le principal quotidien du pays, après la publication d’un article qui lui a déplu. Esteban Oviedo, chef du service politique du quotidien La Nacion raconte.

« ll a déclaré que les journalistes de La Nacion étaient des psychopathes, qu’on était fou, mais jamais il n’a accepté nos demandes d’interviews, jamais il nous a invités à une conférence de presse », raconte Esteban Oviedo, chef du service politique du journal La Nacion, à notre correspondante à San José, Léa Morillon.

Ne supportant pas les questions et la critique, le candidat a mené sa campagne via Facebook, où il n’hésite pas à insulter personnellement les journalistes ou encore le pouvoir judiciaire. Si Juan Diego Castro a fait une campagne très remarquée, son passage au second tour n'est absolument pas assuré, étant donné l'imprévisibilité du scrutin.

Le candidat du parti Intégration nationale, Juan Diego Castro, a été surnommé «Trumpitico» en raison de ses sorties remarquées.
Le candidat du parti Intégration nationale, Juan Diego Castro, a été surnommé «Trumpitico» en raison de ses sorties remarquées. REUTERS/Juan Carlos Ulate

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