Revue de presse des Amériques

A la Une: le chef de mission anti-corruption de l’OEA au Honduras démissionne

Juan Jimenez, chef de la mission de lutte contre la corruption et l'impunité au Honduras, lors d'une conférence de presse le 26 janvier 2018 à Tegucigalpa.
Juan Jimenez, chef de la mission de lutte contre la corruption et l'impunité au Honduras, lors d'une conférence de presse le 26 janvier 2018 à Tegucigalpa. REUTERS/Jorge Cabrera/File Photo

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Juan Jiménez Mayor, avocat péruvien, a dirigé la Maccih, la Mission de soutien contre la corruption et l’impunité au Honduras, depuis ses débuts. La mission a été créée en février 2016 par l’Organisation des États américains à la demande du président hondurien. À l’époque Juan Orlando Hernandez voulait calmer les manifestations monstres qu’avait suscitées une affaire de détournement de fonds de la sécurité sociale.

Dans un communiqué, publié par La Prensa, le désormais ex-chef de la Maccih dénonce tout d’abord le comportement du chef de l’OEA, Luis Almagro, avec lequel il dit de ne pas avoir parlé depuis août 2017. Juan Jiménez Mayor s’est même rendu à Washington, au siège de l’OEA, pour transmettre au chef de l’organisation des documents concernant le travail de sa mission. Mais Luis Almagro a refusé de le recevoir. Pendant les deux ans de son mandat, la mission a révélé plusieurs affaires : « 330 millions de dollars ont été détournés par des fonctionnaires de la sécurité sociale hondurienne. Un autre scandale de corruption touche cinq députés honduriens », rappelle El Heraldo. « Ces révélations ont valu des menaces aux membres de la Maccih ».

Selon l’avis de certains observateurs, Juan Jiménez Mayor en dérangeait plus d’un. El Heraldo rappelle que l’ex-président de la mission anti-corruption avait vivement critiqué le Congrès hondurien qui avait refusé de mettre en place un contrôle des fonctionnaires en charge des fonds publics. Juan Jiménez Mayor avait même dénoncé des dysfonctionnements au sein même de la mission dont il a été le chef : l’un de ses membres, basé à Washington, aurait touché un salaire de 10 000 dollars par mois sans jamais produire le moindre travail. Après la démission de Jiménez Mayor, de nombreux Honduriens ne cachent pas leur amertume. À l’instar du président de la fédération des journalistes qui écrit sur son compte Twitter : « c’est la fête pour les corrompus du pays. Félicitations et profitez-en ! »

Fusillade en Floride : Trump ne mentionne pas le contrôle des armes à feu

La presse américaine s’en prend aujourd’hui aux propos de Donald Trump. Après la fusillade dans un lycée en Floride, qui a fait 17 morts, le président a promis de s’attaquer aux malades psychiques, mais n’a nullement mentionné le problème du contrôle des armes à feu. « Ne me dites pas que le problème ici c’est la santé mentale ! », s’exclame l’éditorialiste du Washington Post. « La fusillade tragique en Floride n’aurait pas eu lieu si un jeune homme perturbé n’avait pas eu entre ses mains un fusil d’assaut et autant de munitions qu’il voulait ».

De son côté USA Today écrit : « Rendons-nous à l’évidence : notre nation est attaquée ! S’il s’agissait de terroristes qui tiraient dans nos salles de classe, l’armée américaine serait déjà en train de mener des frappes aériennes à l’étranger en guise de représailles. Mais cette attaque vient de l’intérieur. De plus en plus d’Américains se font massacrer à église, au concert ou à l’école. Et en tant que société nous ne faisons strictement rien pour arrêter ce carnage ».

Toujours pas de solution pour les Dreamers : le Sénat américain n’a pas réussi à voter une réforme du système de l’immigration

Pourtant, un groupe de sénateurs démocrates et républicains avait proposé un compromis, rapporte le Boston Globe : « Une procédure longue de naturalisation pour les jeunes migrants en situation irrégulière et un budget de 25 milliards de dollars pour des mesures de sécurisation de la frontière avec le Mexique, dont la construction du mur, souhaité par Donald Trump ».

Mais cette proposition de loi n’allait pas assez loin pour le président. Donald Trump a même menacé d’utiliser son veto si le texte passait l’étape du Congrès. Résultat du vote au Sénat : 54 voix pour, or il en aurait fallu 60 pour que le texte passe. Une proposition bien plus restrictive, introduite par la Maison Blanche, a fait carrément chou blanc avec seulement 39 voix en sa faveur. Le New York Times n’hésite pas à désigner le coupable de cet échec : c’est « Donald Trump qui a tué le compromis sur l’immigration ».

Brésil : gouvernement déclare l’état d’urgence sociale face à l’arrivée de réfugiés vénézuéliens

Le Brésil a déclaré hier l’état d’urgence sociale pour l’État de Roraima, dans le nord du pays. Le gouvernement de Michel Temer veut ainsi disposer d’une plus grande marge de manœuvre pour allouer des fonds et mettre en place des actions humanitaires dans cette région submergée par un afflux quotidien de Vénézuéliens qui fuient la crise dans leur pays, explique O Globo.

Le gouvernement de Buenos Aires a de son côté annoncé la simplification des démarches administratives pour les Vénézuéliens désireux de s’installer en Argentine. « Une mesure humanitaire à caractère politique face au gouvernement Maduro », estime Clarin.

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