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Brésil

Brésil: avec Temer, les militaires font leur grand retour dans la vie politique

Entre l'armée brésilienne et le président Temer, c'est la lune de miel. Brasilia, le 22 février 2018.
Entre l'armée brésilienne et le président Temer, c'est la lune de miel. Brasilia, le 22 février 2018. REUTERS/Adriano Machado
Texte par : François Cardona
3 mn

Malgré les critiques, le président Temer est en train de donner aux militaires un rôle politique inédit au Brésil depuis le retour de la démocratie. Avec des généraux détenant des postes ministériels clés ou occupant des positions stratégiques au sein du gouvernement fédéral (chef de cabinet, etc.), jamais l'armée brésilienne n'avait eu une telle influence depuis 30 ans et la fin de la dictature.

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De notre correspondant à Rio de Janeiro,

Au Brésil, un général a pris la tête du ministère de la Défense à la demande du président. Une première depuis sa création en 1999. Et au sein de la Casa Civil, l'équivalent du bureau du Premier ministre, le directeur de cabinet est un militaire.

L'armée dirige désormais les services du renseignement, ou encore la Funai, la Fondation nationale de l'indien, l'institution chargée de la protection des indigènes. A Rio de Janeiro a récemment été confié à un général le contrôle de l'ensemble des forces de police.

Face à l’augmentation de la criminalité et de la violence dans cette ville, vitrine du pays à l’étranger, le président Temer a en effet imposé un militaire en tant que secrétaire à la Sécurité publique de l’Etat au moins jusqu'à la fin de l'année.

Jamais l'armée brésilienne n'avait eu une telle influence depuis les années 1980. Le président brésilien a même accepté de modifier la législation à la demande de l'armée concernant ses soldats en opération au Brésil.

Désormais, dans ce pays de plus de 200 millions d'habitants, à Rio de Janeiro notamment, les militaires ne répondent ainsi pas de leurs actes devant la justice commune. C'est une cour militaire qui est chargée de ces situations.

Jouer la carte de l'homme fort, un pari risqué pour le président ?

La polémique grandit face à ce pouvoir grandissant. Mais malgré les critiques, le président est en train de donner aux militaires un rôle politique exceptionnel depuis leur départ du pouvoir, auquel ils étaient restés accrochés depuis 1964.

Cette situation pousse les médias, ainsi que de très nombreux experts politiques et des associations de la société civile, à s’interroger sur les risques que pourrait générer cette influence croissante pour l'avenir du Brésil.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Temer en 2016, après la destitution de son ancienne alliée de gauche, Dilma Rousseff, l’armée a été régulièrement mobilisée pour appuyer les forces de l’ordre partout dans le pays.

Il n’y a pour l’instant pas de débat majeur sur cette utilisation de l’armée en appui aux forces de l’ordre. L’élection présidentielle aura lieu en octobre prochain. M. Temer pourrait être tenté de jouer sur la corde de la sécurité.

Mais dans un pays qui a connu la plus longue dictature militaire d’Amérique du Sud, la militarisation de la démocratie, la carte de l'homme fort capable d’assurer l’ordre et la discipline grâce à l’armée, pourrait s’avérer un pari risqué.

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