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Argentine

Argentine: affluence à la Marche pour la mémoire des disparus

24 mars 2018, «Jour de la mémoire en Argentine»: à Buenos Aires des dizaines de milliers de personnes ont défilé avec les portraits des disparus de la dictature militaire (1976-1983).
24 mars 2018, «Jour de la mémoire en Argentine»: à Buenos Aires des dizaines de milliers de personnes ont défilé avec les portraits des disparus de la dictature militaire (1976-1983). REUTERS/Martin Acosta
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Buenos Aires, dimanche 24 mars, pour la première fois dans un acte unifié et dans une marche unique menée par une plate-forme d'organisations de défense des droits de l'homme. Une marche organisée chaque année pour commémorer le coup d'Etat militaire du 24 mars 1976 mais qui cette année prend un relief particulier en raison par exemple de la décision récente du gouvernement de faire bénéficier d'assignation à résidence de tortionnaires de la dictature militaire (1976-1983).

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Selon des médias argentins, l'ex-capitaine Alfredo Astiz, surnommé «l'ange blond de la mort» et condamné à la perpétuité, fait partie d'une liste de prisonniers susceptibles de bénéficier d'une assignation à résidence. Astiz, ancien capitaine de la marine, a été condamné entre autre pour l'enlèvement et le meurtre de deux religieuses françaises en 1977, Alice Domon et Léonie Duquet.

Son nom figure sur une liste de «1.436 détenus remplissant les conditions d'obtention d'un aménagement de peine» pour raisons médicales, remise à la justice par le Service pénitentiaire fédéral, selon plusieurs médias. En décembre dernier, Miguel Etchecolatz, ancien chef de la police sous la dictature et condamné à la prison à perpétuité, avait bénéficié d'une assignation à résidence en raison de son âge, 88 ans, et de problèmes de santé. Mais cette décision a provoqué un tel tollé que la justice a dû faire marche arrière.

Dans un communiqué, les organisateurs de la manifestation ont dénoncé « les revers de la politique des droits de l'homme ». Pour l'avocate des droits de l'homme et élue du Front de gauche pour Buenos Aires, Myriam Bregman, l'heure est grave. « Cette année la mobilisation a lieu dans un contexte particulier, très très grave, car le gouvernement essaye de libérer les génocidaires. Une liste a été établie soi-disant par le système pénitenciaire fédéral, alors qu'en fait c'est une volonté politique.»

Alors qu'on s'est beaucoup battus, et « pendant des années pour faire mettre Astiz et Etchecolatz en prison », le gouvernement Macri organise leur libération selon l'avocate. « L'ampleur de la manifestation montre bien que toute la société argentine, toute la population, continue à réclamer des peines de prison effectives ;  et ceux qui veulent libérer les génocidaires vont devoir affronter cette forte mobilisation ».

à (re)lire: Dictature en Argentine: Esma, un procès emblématique

Les mères de la place de mai, symbole de la résistance des familles de disparus de la dictature militaire, ont défilé en bonne place (Nora Cortinas au premier plan) dans le cortège de la Marche de la mémoire, ce 24 mars 2018.
Les mères de la place de mai, symbole de la résistance des familles de disparus de la dictature militaire, ont défilé en bonne place (Nora Cortinas au premier plan) dans le cortège de la Marche de la mémoire, ce 24 mars 2018. REUTERS/Martin Acosta

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