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Equateur: le gouvernement annonce l'enlèvement de deux citoyens équatoriens

Le ministre équatorien de l'Intérieur, César Navas.
Le ministre équatorien de l'Intérieur, César Navas. REUTERS/Daniel Tapia

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Le ministre équatorien de l'Intérieur a confirmé ce mardi matin ce qui ressemble à un nouvel enlèvement à la frontière entre la Colombie et l’Equateur. Lors d’une conférence de presse, rapportée par El Comercio, César Navas a expliqué que le gouvernement a reçu la nuit dernière une vidéo, une « preuve de vie », montrant un homme et une femme, les mains ligotées et entourés d’hommes en treillis et lourdement armés. L’homme supplie le président équatorien Lenin Moreno de répondre aux exigences des ravisseurs pour obtenir leur libération. Toujours selon le ministre de l’Intérieur, cette vidéo a été envoyée aux autorités équatoriennes Walter Patricio Artizala, alias « Guacho », le chef du Front Oliver Sinisterra.

Ce même groupe, constitué de dissidents de l’ancienne guérilla colombienne des FARC, a déjà revendiqué l’enlèvement, puis l’assassinat de deux journalistes du journal El Comercio et de leur chauffeur. Le président Lenin Moreno a convoqué un Conseil de sécurité public dans la matinée pour analyser la situation. Le gouvernement de Quito confirme la nationalité équatorienne des deux otages mais dit ne pas encore connaître leur identité.

Ce lundi 16 avril 2018, le Gront Oliver Sinisterra avait reporté sine die la remise des corps des deux journalistes équatoriens et de leur chauffeur

« Nous avons décidé de suspendre la remise des corps des journalistes », écrit le Front Oliver Sinisterra dans un communiqué, dont El Heraldo publie aujourd'hui une copie. Ce groupe de dissidents de l'ex-guérilla des FARC accuse les gouvernements équatorien et bolivien d'intensifier leurs opérations militaires dans la zone frontalière. « En ce moment, ni notre sécurité, ni celle des membres d'une mission humanitaire ne sont garanties », souligne le communiqué.

De son côté, le Comité international de la Croix Rouge a fait savoir qu'il restait disponible pour récupérer les dépouilles des deux journalistes du quotidien équatorien El Comercio et de leur chauffeur, rapporte El Universal.

Chasse à l’homme

En Equateur, où la population est encore sous le choc de l'assassinat des trois hommes, le président Lenin Moreno a mis ses ministres et les forces de sécurité sous pression.

« Le président de la République ne leur laisse pas plus de 10 jours pour capturer Walter Patricio Artizala, alias « Guacho », le chef du Front Oliver Sinisterra », annonce El Telegrafo qui souligne aussi la présence, depuis lundi, de ministres colombiens à Quito afin de coordonner les opérations à la frontière pour mettre la main sur celui qui est devenu « l'ennemi public numéro 1 » des Équatoriens.

Expreso s'interroge sur la pertinence de cette réponse militaire massive que s'apprêtent à apporter l'Équateur et la Colombie à l'assassinat des journalistes. Le quotidien dit craindre « l'émergence d'une violence sélective, comme des enlèvements et des assassinats, qui pourrait toucher la population civile dans la zone frontalière ».

Le processus de paix en Colombie « prend l’eau »

Les meurtres des journalistes équatoriens mettent également le président colombien sous pression. En pleine campagne présidentielle, le chef d'État sortant se voit reprocher encore une fois son processus de paix avec l'ex-guérilla des FARC, constate El Espectador. « Depuis le premier jour des négociations avec les FARC, en août 2012, nous savions qu'il serait plus facile d'arriver à un accord de fin de conflit que de construire la paix et la réconciliation », rappelle le journal avant de conclure : « Après avoir subi le choc de la réalité colombienne, l'accord de paix semble prendre l'eau. Juan Manuel Santos a en effet réussi à mettre en route un processus de paix avec les FARC - ce qui lui a valu le Prix Nobel - mais il n'a pas pu unir le pays ».

Les Vénézuéliens prennent d'assaut le consulat du Chili à Caracas

« Ils ont au moins été 400 à faire la queue devant le consulat », raconte El Nacional. « Tous souhaitaient obtenir des informations sur le nouveau visa, annoncé le 7 avril par Sebastian Piñera, et dont devaient bénéficier les Vénézuéliens qui souhaitent fuir la " crise démocratique " qui sévit dans leur pays, selon le président chilien. Mais manque de chance, le consulat était fermé ce lundi. Une affiche, accrochée à la grille principale, renvoyait les demandeurs de visas à la page internet du ministre chilien des Affaires étrangères. C'est là que les candidats trouveront non seulement une liste des documents nécessaires pour demander le nouveau type de visa, mais aussi les démarches à suivre ».

Selon le quotidien chilien El Mercurio le consulat chilien à Port-au-Prince a connu une affluence similaire hier. C'est la raison pour laquelle le gouvernement chilien est en train d'évaluer la possibilité d'envoyer davantage de personnel aussi bien à Caracas qu'à Port-au-Prince, rapporte Cooperativa. L'objectif, selon la police chilienne : « rendre plus fluide le traitement des demandes qui arrivent en nombre impressionnant ».

Les Californiens toujours aussi férocement opposés à la politique anti-immigration de Donald Trump

Les Californiens sont toujours aussi férocement opposés à la politique anti-immigration de Donald Trump, avec à leur tête le gouverneur de Californie, le démocrate Jerry Brown. Il l'avait déjà annoncé la semaine dernière : la Garde nationale de son État ne sera pas déployée à la frontière avec le Mexique pour « construire un nouveau mur ou pour rafler des femmes et des enfants, ou des gens qui fuient la violence et cherchent une vie meilleure ». Donald Trump avait annoncé, on s’en souvient, l'envoi de 2 à 4 000 membres de la Garde nationale pour sécuriser la frontière avec le Mexique devant le flux d'immigrants clandestins.

« Ce lundi, la Californie a annoncé au département de la Sécurité intérieure à Washington que la Garde nationale californienne ne participera pas aux missions habituellement menées à la frontière, comme la supervision des caméras de surveillance, des opérations de maintenance ou l'aide au transport des membres de la douane américaine », rapporte le Washington Post, qui prédit un nouveau clash à venir entre Jerry Brown et Donald Trump.

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, est en France et s'exprime aujourd'hui devant l'Assemblée nationale

« Il est le premier représentant canadien à s'adresser à l'Assemblée nationale française. Une faveur qui n'a été réservée qu'à une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement étrangers », souligne, non sans fierté, le quotidien Le Devoir.

Le Globe and Mailrevient sur la rencontre, hier, entre le Premier ministre canadien et le président français, Emmanuel Macron, et l'entente affichée entre les deux dirigeants : « Ces deux-là n'ont pas besoin du protocole », constate le journal. « Ils préfèrent des accolades informelles. Pourquoi pas ? Jeunes, énergiques et libéraux, notre Premier ministre et le président français semblent être faits du même bois ».

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