Brésil

Législatives au Brésil: les Indiens se mobilisent pour défendre leurs terres

Des Indiens manifestent à Brasilia, le 26 avril 2018, pour protester contre la politique du président brésilien Michel Temer à leur égard.
Des Indiens manifestent à Brasilia, le 26 avril 2018, pour protester contre la politique du président brésilien Michel Temer à leur égard. REUTERS/Adriano Machado

Quelque 3 000 indigènes représentant une centaine d'ethnies sont réunis à Brasilia jusqu'au samedi 28 avril. Ils participent au traditionnel rassemblement annuel « Campement terre libre » pour défendre leurs droits. Jeudi 26 avril, ils ont défilé dans les rues de la capitale brésilienne pour dénoncer la politique du président Temer à leur égard et la violence dont ils se disent victimes. Vêtus de leurs habits traditionnels, ils ont également demandé la délimitation de leurs terres ancestrales.

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Pour l'organisation qui représente les peuples indigènes au Brésil, l'ABIP, la menace est réelle : « Nous vivons les atteintes les plus graves à nos droits depuis le retour de la démocratie », a-t-elle déclaré lors du rassemblement à Brasilia. Les Indiens accusent le président Michel Temer d'avoir cédé aux pressions de l'agro-industrie et de refuser la délimitation des terres, première étape vers leur restitution.

Pour prouver sa bonne foi, Michel Temer a profité de la réunion des tribus venues de tout le Brésil pour annoncer la sanctuarisation d'une terre indigène dans l'Etat du Matto Grosso. Mais ce geste ne saurait calmer la colère des 2 000 manifestants coiffés de plumes, le corps peint. Certains portent même des arcs et des flèches. « Stop au génocide », peut-on lire sur l'une des banderoles. Mais les Indiens veulent se faire entendre au-delà des slogans. A Brasilia, ils ont décidé de se mobiliser sur le plan politique.

Pour les élections législatives d'octobre prochain, ils souhaitent proposer au moins un candidat par Etat. L'objectif, c'est de défendre leurs intérêts au sein du Parlement. Pour l'instant, aucun indien ne siège au Congrès, qui reste dominé par la « bancada rural ». C'est le groupe qui réunit les grands propriétaires terriens et qui empêche, de fait, toute législation en faveur des peuples indigènes.

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