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Brésil

Brésil: après les routiers, le secteur pétrolier se met en grève

Un supporter des employés de Petrobras en grève s'agenouille devant une banderole déployée sur les locaux de l'entreprise: «La privatisation fait du mal au Brésil, pas aux enchères du pétrole»
Un supporter des employés de Petrobras en grève s'agenouille devant une banderole déployée sur les locaux de l'entreprise: «La privatisation fait du mal au Brésil, pas aux enchères du pétrole» REUTERS/Pilar Olivares
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Au Brésil, les camionneurs en sont à leur dixième jour de grève. Ils ont obtenu des concessions du gouvernement. Mais certains barrages sont encore en place. La situation s’est encore compliquée mercredi matin, le 30 mai : les employés du secteur du pétrole ont emboîté le pas aux routiers.

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Avec notre correspondant à Sao Paulo, Martin Bernard

La grève complique la vie des Brésiliens, même si la situation se normalise peu à peu. Des files kilométriques se forment dès qu’un poste à essence est livré en carburant. Les produits frais sont difficiles à trouver.

Et pourtant, la population appuie massivement la grève des routiers, qui ont protesté contre la hausse du prix du diesel. Comme Wellington Fereirra, qui vient d’ouvrir un petit magasin de fruits et légumes, il y a un mois.

La grève l’a frappé de plein fouet, mais il trouve quand même que ce mouvement est justifié. « Il faut dire : ça suffit ! Il n’y a que comme ça que le gouvernement se rend compte que la population a l’impression d’être volée. Je crois qu’il y a de bonnes raisons pour que le gouvernement soit confronté à la réalité. Pour montrer que les gens ne sont pas immobiles, qu’ils veulent le changement ».

Soutien de la population

Mais un conflit social suit l'autre. Ce sont désormais les travailleurs du secteur pétrolier qui ont cessé mercredi le travail pour 72 heures, un nouveau défi pour le gouvernement du président Michel Temer très affaibli.

Entre 10 000 et 15 000 travailleurs du secteur pétrolier étaient en grève ce mercredi. Et après avoir largement soutenu la mobilisation des routiers, les Brésiliens pourraient également appuyer la grève dans le secteur pétrolier, selon un sondage Datafolha et selon le sociologue brésilien Glauber Sezerino.

« C’est une demande concrète très liée à la vie quotidienne de la population brésilienne, dit-il, parce que le gaz vient de la Petrobras. Les prix ont augmenté, donc les classes populaires ont été complètement touchées par cette nouvelle politique. La classe moyenne brésilienne se déplace toujours en voiture. La population, si elle soutient la grève, ne veut pas non plus payer les comptes à la fin. C’est pour cela aussi que la grève des pétroliers entre d’une façon très stratégique là-dedans. Parce que, comme ils ne se centrent pas sur cette dimension de la question fiscale mais sur un changement global de l’entreprise, cela peut vraiment réagencer ces forces populaires et cela peut vraiment obtenir un soutien massif également. »

Le gouvernement a affirmé qu’il n’y avait aucune chance que l’instabilité débouche sur un coup d’État militaire, malgré certaines manifestations appelant au retour de l’armée au pouvoir.


■ Appels au putsch

Les soldats avaient été appelés en renfort ces derniers jours pour sécuriser le passage des routiers non-grévistes. Loin d'être mal accueillis, ils ont découvert des banderoles les encourageant à intervenir, appelant à un régime militaire ou du moins à un coup d'Etat le temps d'organiser de nouvelles élections. Une idée qui a fait réagir la présidente de la Cour suprême, Carmen Lucia, en ouverture de séance.

« Nous avons de la nostalgie uniquement pour les bons moments de notre vie et les bons moments de l'histoire de notre pays, a-t-elle regretté. Les régimes sans droits civiques font partie d'un passé que nous ne devons pas oublier, même si on ne veut pas s'en souvenir. Il n'y a pas d'autre chemin possible, la démocratie est la seule voie légitime. »

Le candidat d'extrême droite à la présidentielle Jair Bolsonaro se dit régulièrement nostalgique de la dictature. Mais il a refusé de soutenir ces appels  au coup d'Etat. Pour le ministre de la Sécurité institutionnelle, l'intervention militaire est une idée du siècle dernier. Une idée pourtant de moins en moins taboue au Brésil.

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