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Colombie

Présidentielle en Colombie: Duque et Petro jouent au centre

Gustavo Petro et Ivan Duque restent en lice pour la présidentielle du dimanche 17 juin.
Gustavo Petro et Ivan Duque restent en lice pour la présidentielle du dimanche 17 juin. REUTERS/Henry Romero/File Photos
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Les Colombiens votent dimanche 17 juin pour élire leur prochain président. Le second tour de la présidentielle oppose le candidat de droite Ivan Duque, au candidat de gauche Gustavo Petro. C’est la première élection présidentielle après les accords de paix signés avec la guérilla des Farc. Les deux candidats s’opposent sur plusieurs questions clés : modèle économique, mais aussi le suivi des accords de paix négociés avec les FARC en 2016. Il s'agit de gagner les électeurs du centre aussi les deux rivaux ont tenté d'atténuer leur discours.

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Un candidat de gauche au deuxième tour de la présidentielle, c'est une première en Colombie. D’ailleurs ces élections passionnent. Gustavo Petro parle justice sociale, environnement, transition énergétique, droits des minorités sexuelles.  Son discours radical et innovateur séduit les secteurs populaires et les jeunes, rapporte notre correspondante à Bogota, Marie-Eve Detoeuf.

Pour Yann Basset, les deux candidats ont dû modérer leurs discours pour gagner les électeurs centristes

Petro a adouci le ton entre les deux tours pour rallier les électeurs du centre. « Le centre est un peu l’arbitre de cette élection, explique à RFI Yann Basset, professeur à l'universite El Rosario de Bogota. Ce qui n’est pas très courant en Colombie, d’ailleurs. Et du coup, les deux candidats ont essayé effectivement de modérer leur discours.»

Ainsi, Petro a adouci ses propositions et sa campagne sur les institutions, « s'engageant à ne pas réunir une assemblée constituante comme il l’avait laissé entendre au début de la campagne, à respecter les institutions», rappelle Yann Basset. Il a aussi modéré ses propositions en matière fiscale. Cela lui a permis d'«avoir l’appui de candidats un peu plus modérés comme Antanas Mockus – ancien candidat à la présidentielle lui-même –, qui passe bien dans l’opinion modérée».

Ivan Duque au service du «renouveau»

Toute tendance confondue, les partis et politiciens traditionnels ont eux appelé à voter pour Ivan Duque, poulain de l'ancien président Alvaro Uribe. Duque qui, à 41 ans, a joué de sa jeunesse, de son inexpérience et de sa sympathie pour se poser en candidat du renouveau. Mais son programme est très classiquement conservateur: Ivan Duque veut diminuer les impôts, produire plus de pétrole -les opérateurs économiques et les investisseurs voient en lui un gage de stabilité-, envoyer plus de monde en prison, y compris les chefs guérilleros aujourd'hui démobilisés.

Dans la perspective du second tour, « Ivan Duque a effectivement [adopté], une position un peu plus modérée sur les accords de paix, poursuit Yann Basset. Il dit qu’il n’allait pas les remettre en cause. Il a beaucoup insisté sur le fait que la paix continuait. Il a en particulier tenu à dire aux démobilisés que l’Etat tiendrait ses engagements pour cet accord ». Mais les partisans de la paix négociée sont inquiets. Les défenseurs des droits de l'homme aussi.

à (ré)écouter: Les enjeux du second tour de la présidentielle en Colombie avec Pascal Drouhaut

à (re)lire sur le vote centriste: Présidentielle en Colombie: comment récupérer les voix de Sergio Fajardo?

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