Nicaragua / Daniel Ortega

Nicaragua: l’OEA adopte une résolution qui demande de cesser les violences

Le représentant américain de l'Organisation des Etats d'Amérique (OEA) Carlos Trujillo lors de la réunion autour du Nicaragua, ce mercredi 18 juillet 2018, au siège de l'organisation à Washington.
Le représentant américain de l'Organisation des Etats d'Amérique (OEA) Carlos Trujillo lors de la réunion autour du Nicaragua, ce mercredi 18 juillet 2018, au siège de l'organisation à Washington. Andrew CABALLERO-REYNOLDS / AFP

La situation est très préoccupante au Nicaragua où les forces progouvernementales ont repris le quartier rebelle de la ville de Masaya à l'issue d'un violent assaut. Au moins deux personnes ont été tuées dans l'assaut mardi et mercredi 18 juillet, environ 200 habitants ont fui la ville. Lors d'une réunion d'urgence aujourd'hui à Washington, l'Organisation des Etats d'Amérique (OEA) a adopté une résolution qui exhorte le gouvernement de Daniel Ortega à cesser les violences et à accepter la tenue d'élections anticipées.

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« Le gouvernement nicaraguayen doit cesser la violente répression des manifestations antigouvernementales ». Voilà le message envoyé par l'organisation des Etats d'Amérique mercredi à la sortie de plusieurs heures de discussions.

Alors que le ministre des Affaires étrangères nicaraguayen s'appliquait à mener coûte que coûte un discours interminable, fréquemment interrompu par la présidente de l'OEA, d'autres membres de la réunion tentaient alors d'expliquer à Dennis Moncada les principes de démocratie, de liberté d'expression et d'égalité à appliquer pour le bon déroulement de cette réunion.

Pendant ce temps sur les réseaux sociaux des milliers de Nicaraguayens trépignaient, rappelant que pendant que ces hommes et femmes discutaient autour d'une table ronde sans arriver à un dialogue constructif, la population était chassée et tuée par les forces gouvernementales.

Après l'adoption du texte condamnant les actes du gouvernement Ortega, les messages de remerciements envers les pays du continent américain se sont multipliés sur les réseaux sociaux. « Enfin, nous ne sommes plus seuls », affirment les Nicaraguayens. Même si pour l'heure personne ne sait dans quelles mesures sera appliquée cette résolution.


« Opération de nettoyage »

Pour Antonieta Urrejola, responsable de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) au Nicaragua, la situation s'éloigne un peu plus encore d'une solution pacifique.

« La semaine dernière, une décision très claire a été prise sous le nom d' " opération de nettoyage ", explique-t-elle. Le but est d'en finir avec toute forme de résistance. Il y a eu une augmentation de la répression, du recours à la violence de manière disproportionnée de la part de la police et des groupes paramilitaires. En plus de cette offensive de répression, nous avons également noté une criminalisation des défenseurs des droits de l'homme et des membres de l'opposition qui ont participé à des manifestations et affiché leur opposition claire au gouvernement. Le résultat direct de ces actions est de détruire la mise en place du dialogue. A partir du moment où des membres de l'alliance sont traités comme des criminels, des terroristes, il est difficile de les voir ensuite s'assoir à la table des négociations. Nous sommes vraiment très préoccupés par la situation. »

(Ré) écouter : Nicaragua: le président Ortéga réprime durement la contestation (Journal d'Haïti et des Amériques)

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