Revue de presse des Amériques

A la Une: la crise politique en Haïti

Lors d'une manifestation dans les rues de Port-auu-Prince, le 14 juillet 2018.
Lors d'une manifestation dans les rues de Port-auu-Prince, le 14 juillet 2018. REUTERS/Andres Martinez Casares

Publicité

En Haïti, le professeur d’université Gabriel Hérard, dans une tribune publiée par Le National, parle d’un « divorce entre pouvoir et population ». Quels sont les signes de ce divorce ? « Les programmes économiques et sociaux des différents dirigeants ne sont pas en phase avec les intérêts des classes défavorisées », écrit le professeur. Les projets que les autorités « claironnent sur les toits semblent être individuels plutôt que nationaux ».

D’après Gabriel Hérard, « dans les joutes électorales, l’on constate que les promesses de tous ceux qui veulent s’installer dans le fauteuil rembourré du Palais national ne font pas corps avec la réalité véritable ». Et le professeur de poursuivre : « Les problèmes de la corruption, de la faim, de la misère et de la violence deviennent de plus en plus aigus. Si les protagonistes sociaux et politiques ne se décident pas à fixer une direction cohérente à suivre dans la paix, le pire est devant nous ». On sera alors face à une situation dans laquelle « il n’aura pas de gagnants ».

Une Brésilienne morte lors de la répression au Nicaragua

Les violences au Nicaragua sont à la Une de la presse brésilienne, et pour cause : une étudiante brésilienne a été tuée à Managua. Son portrait est à lire dans O Globo et dans Carta Capital, entre autres. Raynéia Gabrielle Lima, 30 ans, a étudié médecine à l’université Americana de Managua. Elle a été victime de plusieurs tirs de la part de paramilitaires, écrit O Globo. Ça s’est passé lundi soir.

D’après la police « proche du gouvernement de Daniel Ortega », comme le précise Carta Capital, les circonstances de la mort de l’étudiante ne sont pas claires. Et justement, pour avoir plus d’information sur ce drame, le Brésil a convoqué l’ambassadeur du Nicaragua à Brasilia, tout en rappelant le sien au Brésil pour consultations. Le Brésil a condamné « l’aggravation de la répression et l’usage disproportionné et létal de la violence ». 

Des journalistes de plus en plus pris pour cible

« Le fait qu’ils témoignent de la répression exercée sur la population ne plaît visiblement pas à tout le monde », écrit La Prensa. « Ils reçoivent des menaces sur les réseaux sociaux et font l’objet d’intimidations ». Des paramilitaires ont aussi tiré sur la maison d’un correspondant régional de ce journal. D’après le président de l’association des journalistes du Nicaragua, la situation de la presse ne peut être qualifiée que de « dangereuse ».

Dans son éditorial, La Prensa n’hésite pas à parler d’un terrorisme d’État. Environ 750 personnes ont été arrêtées ces dernières 24 heures au Nicaragua, écrit le journal. La révolution au Nicaragua a certes apporté des bénéfices sociaux. Mais comme d’autres révolutions dans l’histoire, à commencer par la Révolution française, le gouvernement sandiniste a sombré dans un régime de terreur qui exerce le pouvoir en violant d’une manière flagrante les droits de l’homme.

Démission surprise du sénateur Alfredo Uribe en Colombie

La classe politique bouleversée : l’ancien président Alvaro Uribe, l’un des poids lourds de la droite colombienne, a démissionné de son siège de sénateur. Il est accusé de « corruption et de fraude » par la Cour Suprême de la Justice qui a lancé des poursuites contre l’ancien président. L’enquête doit vérifier s’il a manipulé des personnes pour qu’elles témoignent  contre le sénateur de gauche Ivan Cepeda. « C’est un coup de tonnerre », titre El Tiempo. Avec Alvaro Uribe, qui est le sénateur élu avec le plus de voix lors de la dernière élection, le Sénat perd « un roi du débat politique ». Et le parti de droite, le Centre démocratique, perd, lui, son dirigeant incontesté.

En se retirant du Sénat, l’ancien président souhaite être jugé devant la justice ordinaire

Dans une première réaction sur Twitter, Alvaro Uribe s’estime victime d’une manœuvre politique de la justice. La justice doit à présent prouver que les poursuites ne sont pas motivées par des considérations politiques, écrit El Tiempo. Une décision qui secoue le monde politique et judiciaire en Colombie, écrit l’hebdomadaire Semana sur son site internet.

D’après Gustavo Petro, ex-candidat de gauche à la présidence, la démission d’Alvaro Uribe est une stratégie pour échapper à l’enquête. Un des gagnants de cette démission surprise pourrait être le président élu Ivan Duque. C’est ce que pense en tout cas un politologue interrogé par le New York Times. Duque, qui est « plus modéré que son mentor », pourrait enfin s’émanciper un peu de son tuteur.

450 parents de migrants expulsés des États-Unis sans leurs enfants

Autre information à lire dans le New York Times : plus de 450 parents de migrants ont été récemment expulsés des États-Unis sans leurs enfants. L’administration Trump, en renforçant la lutte contre l’immigration, avait décidé de séparer les parents, arrivés illégalement dans le pays, de leurs enfants. Mais devant le tollé international qu’avait provoqué cette pratique, les autorités ont fait marche arrière. Mais elles peinent à regrouper enfants et parents, souvent faute de les avoir correctement enregistrés.

D’après des avocats cités par le New York Times, plus de 450 parents ont donc été « expulsés ou bien ont quitté le pays sans leurs enfants ». Certains d’entre eux auraient accepté une expulsion rapide, pensant qu’ils retrouveraient vite leurs enfants, estime un avocat. En fait, la justice a donné au gouvernement américain un délai jusqu’à demain jeudi pour regrouper 1 500 parents et enfants.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail