Etats-Unis

Etats-Unis: John Kerry égratigne Barack Obama sur le dossier syrien

John Kerry (à gauche, au centre de l'image) lors de l'hommage au sénateur républicain John McCain à la National Cathedral de Washingtoon, le 1er septembre 2018.
John Kerry (à gauche, au centre de l'image) lors de l'hommage au sénateur républicain John McCain à la National Cathedral de Washingtoon, le 1er septembre 2018. REUTERS/Joshua Roberts

Le dossier syrien restera comme un échec pour l'ancien président américain, Barack Obama, qui n'a pas su freiner les violences perpétrées par le régime de Damas. Son ancien secrétaire d'État, John Kerry, sort cette semaine un livre, Everyday is extra, dans lequel il regrette ouvertement de ne pas avoir réussi à convaincre le président Obama de se montrer plus ferme avec Bachar el-Assad.

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Avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier

La sortie du nouveau livre de John Kerry, Everyday is extra, pourrait faire quelques ravages. Si l'ancien secrétaire d'État américain ne se départit jamais de son style policé et de son langage diplomatique, il semble avoir quelques comptes à régler.

Dans le grand rendez-vous dominical, Face the Nation, il a par exemple bien égratigné la gestion du dossier syrien par Barack Obama. Kerry assure que lui-même aurait immédiatement pris la mesure de la crise à venir, mais qu'il n'a pas été entendu quand il a réclamé qu'on étouffe sans attendre les ambitions de Bachar el-Assad.

Dans le sens d'une intervention

« J'ai particulièrement poussé dans ce sens quand Assad violait les cessez-le-feu, assure-t-il. C'était le moment pour lui donner une leçon, il devait savoir que nous le tenions pour responsable. J'en ai parlé directement avec les Russes, et j'ai mis plusieurs idées sur la table. Mais le président Obama n'a pas été convaincu par mes arguments. Je pense qu'il y avait pourtant plusieurs options à très faible risque pour qu'Assad sache clairement que lorsque vous avez accepté un cessez-le-feu, il n'y a pas d'autre choix que de le respecter. »

De même, concernant l'utilisation présumée d'armes chimiques par le régime de Damas. Pas de réaction américaine, alors qu'une ligne rouge avait été tracée, et donc une perte de crédibilité dont l'administration Obama paiera le prix pendant trois ans. Et aujourd'hui alors ? John Kerry est cohérent : il salue la décision de Donald Trump qui, avec certains alliés occidentaux, a bombardé des cibles précises en réponse à des attaques chimiques syriennes contre des populations civiles.

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